Silence n’est pas le premier venu sur la scène rennaise. Musiciens aguerris, ils pratiquent un rock réaliste et vindicatif suffisamment libre pour bousculer la tranquille scène pop de la capitale bretonne.
Silence n’est pas le premier à marier guitares électriques et accordéon chromatique. Comme il existe de la chanson réaliste, les rennais s’adonnent au rock réaliste. Celui qui naît généralement à l’ombre des usines et des hauts fourneaux. On citera les Têtes Raides et bien avant eux, un certain François Bérenger. La lignée a ses lettres de noblesses et ne tolère pas la médiocrité, tant dans la musique que dans les paroles. Ici, le défi est relevé avec d’autant plus de mérite que l’usine PSA fait bien pâle figure à côté des milliers d’étudiants qui, 10 mois de l’année, déambulent de pub en campus. Pourtant, …Silence a déjà une belle tradition des sujets légèrement décalés. Côté festif et chanson française quand ils s’appelaient Les Ours pour quatre d’entre eux. Aujourd’hui à six (avec l’arrivée de Niko Chatelain à la basse et de Sylvain Caremel à la batterie), la fête est beaucoup plus réaliste. Elle n’en ait pas moins belle avec des titres enlevés comme le très sombre « Cadence » et son refrain martelé avec entêtement à la Noir Désir, l’inattendu « Freddy » et ses intonations à la Pogues ou encore ses nombreux passages entre flow et slam. Ceux qui ont participé au financement via un site de crowdfunding peuvent être fiers de leur bébé. Pour le reste, la capitale bretonne est encore capable d’étonner et de sortir de ses carcans pop. Silence en est la preuve, même si le groupe crie son désamour pour sa cité dans « Valse de Rennes ». Je cite : « Tu t’es un peu trop assagie / capitale des normalités / De nos cultures aseptisées ». Que Silence ne s’inquiète et retrouve « son sens de l’humour », la scène rennaise bouge et innove comme le prouve les saillies hip hop de leur collègue Psykick Lyrikah.
Hervé DEVALLAN












