Né en 2007, Fortune ne cache pas ses ambitions. Audacieux en pleine crise du disque. Avec leur second opus, le quatuor relève à nouveau le défit à travers une pop matinée d’électro.
Créé par deux finistériens exilés à Paris, Lionel Pierres, ex Abstrackt Keal Agram, au chant et à la guitare et Pierre Lucas aux claviers, Fortune donne à la pop des années 80 une couleur électro typiquement contemporaine et assimilée avec l’expérience d’un groupe qui présente son second album après une flopée d’EP et un premier long sorti en 2010. Si Hervé Loos est toujours de la partie à la batterie, Vincent Brulin est venu épauler le trio, en 2011, aux claviers et à aux guitares. Un quatuor désormais bien rôdé et soudé, revenu d’une tournée qui les a conduit sur les scènes exigeantes de France et d’Angleterre, et celles plus exotiques de Chine et d’Inde. « Blackboard » est donc bien le fameux album de la maturité qui laisse l’insouciante adolescence inexorablement s’éloigner. Enregistrés en deux semaines à Rome avec Pierrick Devin (Casius, Adam Kesher…), les morceaux sont mixés à Paris par Stéphane Briat (Air Phoenix…). Des références illustrant bien la couleur finale de l’opus qui jette un pont entre Human League et Metronomy et joue la sécurité puisque c’est cette même équipe qui a réalisé « Staring at the ice melt » quelques années plus tôt. Ce changement dans la continuité donne à Fortune une vraie cohérence. Cohérence originelle tout d’abord puisque la construction de l’album puise son inspiration dans les œuvres de la plasticiennes brestoise Eva Taulois. Avec deux bretons à bord, c’est de l’ouest que souffle le vent nouveau … qui vient parfois de l’autre côté de l’Atlantique : leur nom n’est-il pas un énorme clin d’œil au célèbre magazine américain éponyme ?
Hervé DEVALLAN
Fortune « Blackboard » (Disque Primeur)












