C’est le sixième roman de cet auteur breton, né à Brest. Après son dernier ouvrage intitulé Paris-Brest (2009), Tanguy Viel nous offre un « roman américain ». « Besoin de respirer, besoin d’espace », dit-il.
Besoin d’espace… Mais de grands espaces, pas question ! Ni de rêves américains d’ailleurs…. En effet, le lecteur, médusé, est subtilement embarqué dans une histoire au second degré où le romancier peine à construire sa fiction, une sorte de roman en perpétuel chantier !
Il le construit de A à Z sous nos yeux de lecteur, persuadé de plus, que quelques recettes saupoudrées des clichés habituels sur l’Amérique suffiront pour réussir son roman.
Rien n’est donné au départ, pas même le nom du héros.
Celui-ci est universitaire, divorcé et malheureux comme il se doit.
Les clichés se succèdent : il conduit une vieille Dodge blanche et, devenu alcoolique, laisse perpétuellement traîner sa bouteille de whisky sur la banquette. Tombé amoureux d’une nymphomane, ses déceptions amoureuses l’entraînent parmi la pègre !
L’intrigue des plus banales, se construit sur fond de guerre d’Irak et sur la musique folk de Jim Sullivan, comme pour mieux donner au roman le genre américain.
Cette histoire est donc peu crédible et l’intérêt du roman surgit d’ailleurs ! Il vient de ce décalage qui crée l’ironie, du jeu sur les codes traditionnels du roman américain, à la mode chez les jeunes romanciers actuels.
Il reste que ce roman en construction, faussement « américain », décalé et, pour finir, inclassable, nous charme par son écriture et sa drôlerie.
Les éditions de Minuit
Les éditions de Minuit – 160 pages – 14€












