Derrière Woodkid se cache Yoann Lemoine, jeune lyonnais de 30 ans. Il sort un des albums pop les plus attendus de l’année 2013. Sa carrière de réalisateur (clips de Yelle, Nolwenn Leroy, Lana del Rey…) n’y est pas étrangère.
Rarement premier album aura été aussi attendu, non pas parce qu’André Manoukian, jury de la Nouvelle Star, affirma lors d’un prime tout le bien qu’il pensait de Woodkid, mais à cause de deux magnifiques EP « Iron » et « Run Boy Run », inclus sur ce disque et d’une prestation historique au Grand Rex à Paris le 29 septembre dernier. Woodkid donc, de son vrai nom Yoann Lemoine qui vient de fêter ses 30 ans, commença par une carrière de réalisateur (clips pour Yelle, Moby, Nolwenn Leroy, Katy Perry, Lana Del Rey…) avant de s’affirmer comme musicien. Prodige pop tombé dans le bain du classique, le « Stabat Mater » de Vivaldi est l’un de ses disques de chevet, mâtiné de Pink Floyd ou Simon & Garfunkel que son père écoutait en boucle, enfin de groupes keupons dernière génération (Green Day, Offspring, NOFX) qu’il dû chérir dans son adolescence. L’apprentissage musical de Yohan fut empirique, ce qui lui permit de comprendre que seules les émotions priment. Peu importe le reste, si une musique ne vous bouleverse ni ne vous transporte, elle ne vaut la peine d’être jouée.
Woodkid nous prend par la main et nous emmène grâce à des compositions qui agissent comme des films, parce qu’il y a des percussions qui vous prennent aux tripes, des cordes et des ordinateurs qui nous emportent mais aussi une voix, devant mais pas trop, qui nous touche par son ton lourd et puissant.
Ce n’est pas un hasard si l’homme a commencé par l’image tant son univers est graphique, il n’y a qu’à fermer les yeux pour voir la route s’ouvrir devant nous, pour apprécier les paysages de mélancolie et de bonheur jouissif qui s’offrent à nous. Des étincelles jaillissent de partout, parfois multicolore, parfois monochrome et c’est presque un déluge de sensations qui nous envahit.
Bien évidemment Woodkid n’est pas seul au milieu de son océan, on lui reconnaîtra une certaine filiation avec les Shoes pour la grandiloquence de propos, SebastiAn pour le côté onirique de ses compositions et aussi Revolver pour la douceur de ses mélodies. On n’hésitera pas non plus à souligner la parenté vocale avec le chanteur de Divine Comedy, Neil Hannon. Woodkid a longtemps préparé ce premier pas, il entre directement dans la cour des grands.
Les textes déclamés en anglais ne nous en apprendront pas davantage, ils font même presque pâle figure à côté de ce que l’ensemble nous propose, ils sont sobres et parlent d’histoires forcément romantiques où l’âme de sait plus à quel saint se vouer. « The Golden Age » est-il annonciateur d’une ère nouvelle ? On l’espère vivement, car la barre est désormais placée haut et ça ne peut que nous réjouir.
Woodkid « The Golden Age » (Green United Music)
Site de Yoann Lemoine












