Si l’idée est d’oublier le morne hiver avec un plein d’allégresse, "Canopy" de Great Mountain Fire est la solution, sûrement le côté Franz Ferdinand de ces bruxellois.
Premier essai d’un groupe Belge, de Bruxelles, autrefois connu sous le nom de Nestor, ce disque surprend par sa richesse d’arrangements, et son hésitation profonde entre le son synthétique cher aux années 1980 (Human League) et des envolés lyriques déjà rencontrées du côté de la côte ouest des Etats-Unis (Fleet Foxes). Beaucoup leur accordent également une Radiohead touch mais force est de constater que la musique de Great Mountain Fire est bien moins cérébrale, beaucoup plus charnelle et physique. Moins chiante osera-t-on, et pour couper court à tous débats.
« Canopy » confesse une envie de mouvement, à travers les époques et les identités sans doute à l’image de son fief, capitale culturelle Européenne s’il en est. Réalisé par Jean Waterlot (musicien de Montevideo et Ghinzu) il s’en échappe un grand soleil et une bonne humeur, des synthétiseurs jamais moribonds et des guitares encore plus enjouées. Une échappatoire à la pluie ? Car avec ce genre de disque, il n’y a plus de pont entre rock et électro, entre pop et minimale symphonie, entre ville et plage, tout est mélangé, mixé, confondu. A commencer par les voix, ils sont 5 et autant à chanter. Cela semble d’ailleurs être la grande mode depuis Arcade Fire, tout le monde participe au chant, de Bewitched Hands à Concrete Knives, les Great Mountain Fire ont succombé et ils n’ont pas eu tort. Par contre ici pas question de français (encore moins de flamand), la langue anglaise est de rigueur, comme un passeport pour une carrière internationale. Et cela commence forcément par le pays grand-frère, la France, qui voit ce disque – enfin – sortir presque un an après son pays voisin. Il est vrai que le groupe est l’une des sensations de la scène vivante, avec des prestations ultra débridées.
Hervé DEVALLAN
Great Mountain Fire « Canopy » (Sober & Gentle)












