Lescop parvient à ses fins HermineHermineHermineHermine

Il faut jeter une oreille et se laisser entraîner par Lescop avant qu’il ne soit trop tard, satisfaction garantie.

Lescop parvient à ses finsNote : 4 sur 5

Dès les premières mesures, la sensation de voyage dans le temps est vertigineuse, ce disque de Lescop qui n’est absolument pas une copie, a digéré toutes les années 80, celles de Joy Division par exemple avec la basse métronomique celles plus hexagonales d’Etienne Daho avec cette diction légèrement lancinante et grave. On aurait pu tout aussi bien citer Taxi Girl ou les Editors pour paraître plus branché, mais les premiers n’empêchent pas les seconds.

Ce disque de Lescop, pas un inconnu puisque l’homme fut la figure de proue du groupe Asyl, pourrait paraître comme un retour en arrière, pourtant, il est en parfaite osmose avec son temps, une période difficile et froide, sans chaleur excessive, surtout au mois de décembre.

Le punk et David Bowie sont passés par là, celui de la trilogie Berlinoise, et cela donne d’improbables chansons tristes, mais attention, jamais pleurnichardes. On rêve d’horizons lointains, parce que depuis Céline l’ailleurs est toujours plus prometteur, mais surtout de paysages autres, même si l’on se demande ce que l’on peut discerner dans cette obscurité ambiante. Car la nuit illustre à elle seule trois morceaux : « La Nuit Américaine », « Tokyo, la nuit » et « Paris s’endort » et cela semble ici presque une obsession. Il est vrai que la nuit tout est permis, comme ce crime commis dans le premier titre « La Forêt », devenu un single irrésistiblement dansant, comme cette forte impression d’être le maître du monde.

Ce disque de Lescop ne se vendra sans doute pas, mais il traversera les années parce qu’il brille de mille feux. Il peut paraître branché, pourtant Mathieu n’est pas né à Paris mais à la Rochelle, et souffre déjà de cet air hautain. C’est un drame car si hier Extraballe par exemple n’a pas rencontré le succès c’était un peu pour les mêmes raisons, trop bon, trop honnête, trop en décalage avec le reste de la production, trop visionnaire, trop prétentieux. De quoi ? D’être parvenu à ses fins, car de ce côté de la Manche et de l’Atlantique l’excellence semble toujours compliquée.

Lescop chez Pop Noire Records / Casablanca / Mercury

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