Le duo Stereo Total reste un des secrets les mieux gardé de Berlin. Et c’est dommage tant leur pop minimaliste sur fond de synthétiseurs a aussi le sens de la formule.
Apparus au beau milieu des années 90 sur les cendres du groupe de rock d’influence sixties, les Lolitas, les Stereo Total ont beau œuvrer du côté de l’une des villes les plus branchées d’Europe, Berlin, cela reste un secret extrêmement bien gardé. Car même avec une bonne dizaine d’albums au compteur, jamais un succès autre que d’estime ne leur a ouvert les bras. Dommage, pour eux et pour nous.
Duo de minimal synth, en gros de la pop jouée avec des synthétiseurs chics mais pas chers, déclamant ses comptines pour grands enfants en français, en anglais et en allemand (parfois en espagnol, japonais ou turc), les textes sont charmants de naïveté. C’est d’ailleurs ce qui frappe en premier, ce sens de la formule que l’on n’hésitera pas à reprendre sous la douche ou en descendant l’escalier. « Pour un peu d’amour de toi je donnerais tout, Mais toi tu ne veux rien, vraiment c’est pas beaucoup… J’aime les coussins de mes cousins, les cuisines de mes cousines…» Signés François Cactus, c’est elle aussi qui chante, et mis en musique par BrezelGöring, d’où le titre de l’album, on devine en eux une certaine esthétique héritée de l’esprit frondeur des punks, le do it yourself, aussi encore une fois un goût immodéré pour l’enfance et sa découverte du monde.
On pense à Suicide, forcément pour son côté bricolo vintage, et aussi à ces groupes français des années 80, Mathématiques Modernes, Suicide Roméo, Elli et Jacno, en plus ingénu. C’est d’ailleurs cette volonté affichée d’intemporalité, ou d’appartenance à une époque tellement révolue qui charme le plus, un peu comme les mythiques Coco Boer de Renaud qui font revivre à tous ceux qui les ont un jour goûté un sentiment de bien être. L’enfance est une terre sur laquelle on rêve de s’échouer pour l’éternité.
Certains invités sont venus épauler François et Brezel, les plus connus restant Peaches et Gus Seyffert (Norah Jones, Sia, Michael Kiwanuka), mais au-delà du name dropping cela prouve que les Stereo Total ne sont pas seuls, et que leur pop synthétique minimale fait son petit bonhomme de chemin grâce un bouche à oreille favorable. Et ça ne fait que commencer aurait-on envie de dire, pour conclure sous forme de vœux de bonne année.
Site de Stereo Total
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