Crime & The City Solution : « An Introduction To… » HermineHermineHermineHermine

Avec cette compilation, le groupe de Simon Boney résume les premiers chapitres de l’aventure. L’occasion de relire les tables de loi rock’n’roll.


Crime & The City Solution : « An Introduction To… »

L’histoire de Crime & The City Solution est plutôt compliquée, sa discographie encore plus, et pour résumer les étapes précédentes on rappellera que c’est l’un des principaux groupes satellites des Bad Seeds de Nick Cave. Tous les musiciens ayant participé à cette aventure ont à un moment ou l’autre accompagné le beau ténébreux, Mick Harvey et Roland S.Howard en tête. Sinon l’histoire du groupe est d’abord celle de Simon Bonney, tête pensante et seul membre régulier. Australien comme Nick Cave, il s’est redirigé depuis dans le septième art, en parallèle d’une relocalisation géographique aux Etats-Unis, et après vingt ans de silence a émis le désir de reprendre les armes. 

Ce CD de Crime (cette compilation dirons-nous) résume les premiers chapitres de l’aventure qui se concentrent uniquement sur les années 80, car une tournée de retrouvailles est bientôt annoncée, ainsi qu’une nouvelle livraison. « An Introduction To… » puise ainsi dans les six premiers albums en omettant (sans doute volontairement) le premier « Just South Of Heaven » (1985) un peu trop brouillon et en privilégiant le troisième « Shine » (1988) qui reste à ce jour le plus connu.

Qu’y entend-on ? Une musique caverneuse, sombre et étouffante, comme une relecture des tables de loi rock and roll, mais avec une voix défiant les lois de la gravité, soit elle s’appesantit, soit elle précède la mesure. Lorsque les tempos s’accélèrent, c’est le fameux rythme batcave qui permet de sautiller jusqu’à plus soif, mais cela n’empêche pas la présence de certaines ballades torturées. Encore une fois, ceux qui apprécient le Nick Cave de la première période (jusqu’à l’étape Berlinoise) et qui n’ont jamais entendu Crime & The City Solution vont découvrir là un chaînon manquant. C’est même un peu un modèle de rock gothique, lèvres et ongles se noircissent rien qu’à l’évocation de cette musique.

Le groupe est déjà passé plusieurs fois à Paris, au Rex Club (le 3 juin 1989 même pour être précis), à l’Elysée Montmartre puis au New Morning. J’ai le souvenir de prestations chaotiques tant le genre semble difficile à maîtriser en live. Les textes parlent bien évidemment de romantisme et de Thanatos, c’est même là toute la clé du gothisme, lorsque l’amour transcende l’enveloppe corporelle. Les gothiques ont beau s’habiller de noir, ils n’en restent pas moins des passionnés au cœur qui bat plus que de raison.

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Mute Records

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