Fondés au début des années 2000, les Hushpuppies ont déjà sorti deux albums remarquables (« The Trap » en 2005, « Silence Is Golden » en 2007) et acquis une solide réputation scénique. En mars 2011, la formation – made in Perpignan - sortait « The Bipolar Drift ». A l’image de la pochette de ce troisième opus, la bande à Olivier Jourdan (chanteur du groupe) s’apprêtait-elle à faire le « grand écart » ?
L’album débute par Open Season, morceau instrumental abrasif, complété par un passage pop, plus calme. D’emblée, on sent une volonté des Hushpuppies de faire évoluer leur garage-rock 60’s (sous influences Kinks et Small Faces) vers des rythmes plus synthétiques, proches de la new-wave. Sur Okinawa Living Wage, la voix d’Olivier Jourdan est moins en avant et le spleen semble très présent. Cette sensation d’engourdissement se confirme sur Stop même si elle est atténuée par un refrain plus accrocheur. A suivre, Low Compromise Democracy suscite une certaine perplexité. En effet, le groupe se lance dans une série de bruitages incongrus tandis que le chanteur épelle des mots en cascade. Les choeurs sont étranges, pour ne pas dire dérangeants. « Everything is alright » reprend Olivier, comme s’il tentait de rassurer l’auditeur. D’autres titres, tels que Zero One ou Twin Sister ne sont ni désagréables, ni mémorables. De manière générale, les compositions manquent de tranchant même quand le groupe accélère le tempo sur Frozen Battles. « Hey hey I don’t know what to say » lâche Olivier comme un aveu d’impuissance. En revanche, Every Night I Fight Some Giant séduit par sa douceur et son invitation à la rêverie. Ce morceau planant constitue indiscutablement la plus belle réussite de l’album.
Une recherche rapide sur Internet permet d’accéder à d’autres articles mettant en évidence les qualités de « The Bipolar Drift » et l’aptitude du groupe à innover d’un point de vue musical. Dans ce contexte, le doute saisit le chroniqueur. Ce dernier essaie de mettre de côté ses souvenirs scéniques au cours desquels la classe et l’énergie du groupe exultaient, sa capacité à déchaîner des hordes de teenagers étant tout simplement sidérante. Rares sont les groupes à avoir volé la vedette au rocker havrais Little Bob, ce fut pourtant le cas en 2006 à Châteauroux ! Au final, après avoir réécouté attentivement – et avec bonheur – les deux premiers albums, il convient de conclure que cette dernière livraison est moins convaincante, sans toutefois parler de passage à vide. Comme dit l’adage : « qui aime bien, châtie bien » !












