Cela commence de façon tonitruante, avec un rôt libérateur signé John Lydon, aussitôt suivi d’un énorme cri de jouissance. Il est vrai qu’après vingt ans de silence, il était grand temps de réentendre l’enfant terrible des années 70.
Il n’y a aucun doute sur l’arrogance ou l’effronterie du Public Image en chef, c’est d’ailleurs sa première phrase : Lucky you ! Vous avez de la chance ! Car, PIL est de retour, et en pleine forme.
C’est la voix qui est la plus surprenante, toujours en aspérités improbables et hargne monocorde, comme si rien n’avait changé depuis hier. Même chose pour la musique qui reprend les choses à l’endroit même où elles s’étaient arrêtées, un mix habile de rythmiques disco et de tempos guerriers, avec cette guitare qui parfois dresse ses pics tel un hérisson sentant le danger venir. Mais plutôt que de reprendre l’histoire de Public Image à ses débuts, John a choisi de s’associer avec la dernière version du groupe, celle animés par le guitariste Lu Edmonds, le batteur Bruce Smith et le bassiste Scott Firth (musicien de studio pour les Spice Girls).
La voix de John est plutôt atonale, et peu attractive, mais c’est ce qu’il raconte qui est toujours incroyable, sinon drôle car sarcastique comme il faut. Il y a une incroyable détermination doublée d’une grande force, aussi un mépris d’hier, et de ses idéaux de jeunesse. Car en 77 John brandissait volontiers son No future ! à la face du monde, mais aujourd’hui à 56 ballets, il semble profiter comme jamais, jouir à pleines dents même de son retour en studio. John Lydon est l’homme des contradictions, et sa vie pourrait se résumer à ça, ne jamais être où on l’attend.
C’est du post punk en ce sens qu’il y a des silences et une souvent étonnante occupation de l’espace, aussi quelques incursions dans la déliquescence psychédélique, mais toujours ce retour au tempo funk. C’est comme une berceuse que l’on écouterait les yeux ouverts, il faut se laisser porter, sans se soucier de la destination. C’est réellement iconoclaste, et en cela ce nouveau disque correspond parfaitement bien à l’homme, capable de participer à des émissions de télé réalité pour s’offrir la liberté de produire ce nouveau disque. Né électron libre, John Lydon n’est pas prêt de d’arrêter de fragmenter le disque dur de nos certitudes.
Public Image Limited « This-Is PIL » (Differ-ant)












