Les polars à l’ancienne font de la résistance. Dans un Paris qu’on pensait oublié, Sébastien Bouchery installe ses personnages presque caricaturaux et les fait déambuler entre rues paisibles, bars malfamés et boîtes de nuit enfumées. Il en a le droit puisque son histoire se déroule en 1981, bien avant le politiquement correct et les interdictions en tous genres… Pour notre bien évidemment ! La frappe chirurgicale doit beaucoup au personnage principal, un chirurgien de l’hôpital Saint Antoine, vétéran de la guerre d’Indochine, qui se retrouve à affronter le grand banditisme pour une simple histoire de cœur d’un soir.
Dans ce Paris en noir et blanc, où l’on parle encore l’argot des bouchers des Halles, on imagine aisément un certain Alain Delon endosser le costume du chirurgien. Il en a l’art, la manière et l’épaisseur. L’auteur l’affirme lui-même : « J’ai tenu à m’immerger dans le polar français des années 1950 à 1980 à travers lequel apparaissent en vedettes Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Jean Gabin, Lino Ventura… Je me suis inspiré de certains d’entre eux. » A la lecture endiablée de ce roman noir, on confirme que défilent des images de cinéma. Sébastien Bouchery fait revivre un vrai âge d’or, que ce soit sur grand écran ou en livre de poche pour notre plus grand plaisir. Une chose est sûre : il ne faut pas réveiller Louis Verneuil.
Hervé DEVALLAN
« Frappe chirurgicale » de Sébastien Bouchery aux éditions du Caïman– 418 pages – 20€











