Atrium « Watery grave » HermineHermineHermineHermine


La démarche mérite à elle seule une écoute attentive. Les textes des 10 titres de ce premier album du groupe rennais Atrium sont en effet intégralement écrits par la poétesse irlandaise Brid Ni Chonghaile. Une femme pour le moins engagée dont les paroles permettent différents niveaux de lectures où elle mélange des « histoires personnelles traumatiques, des constats acerbes sur le monde capitaliste », quand ce ne sont pas des invitations à la résistance et au militantisme irlandais ou d’ailleurs. L’Atrium n’était-elle pas la pièce centrale qui accueillait les hôtes et les visiteurs, ainsi qu’un lieu de discussions et de débats politiques. ?
Les cinq bretons et bretonnes (elles sont trois) sont tombés sous le charme et semblent avoir la juste inspiration dans l’art de mettre en musique ces mots anglais et parfois gaéliques. Sur la base de guitares acoustiques aux multiples effets (oui, pas de guitares électriques), d’une basse et d’une batterie, ils développent un folk rock progressif tendu et parfois énervé, que les voix féminines portent quelque fois jusqu’à l’incantation. Dès le premier titre « My prayer », la direction artistique est claire : il s’agit d’une prière à la Morrigan, déesse celte de la Guerre et du Massacre, née de la Mer, avec qui la parolière communique pour incarner son combat. N’allez pourtant pas croire que ce disque tombe dans un folklore daté et suranné telle que pratiqués dans les années 70. Il se dégage de l’album une vraie modernité conduite par les cinq voix du groupe dont les deux chanteuses leads. Décidément, la Bretagne réserve énormément de surprises. Atrium est indéniablement du nombre.

Hervé DEVALLAN

Atrium « Watery grave » (Piglet Productions)

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