La rumeur est tenace. Et pour Laurent Charliot elle est prétexte à un excellent roman conduit comme une véritable enquête policière
On ne vous dévoilera pas les dessous de l’affaire, le charme de l’intrigue est à ce prix. Mais sachez que tout démarre dans les années 60, pour basculer 30 ans plus tard dans un rebond bien ficelé par l’auteur. Si la machine à remonter le temps est efficace, le décor l’est tout autant puisque tout se passe au cœur de Londres, entre swinging London et une capitale anglaise des années 90 où la seule bataille qui compte est celle de Blur contre Oasis.
L’horloger de Hatton Garden ressemble à un conte de la vie ordinaire. Celle d’un jeune couple qui se trouve marié par amour et voit poindre à l’horizon un inévitable divorce. Oui, mais voilà, Peter Davies travaille avec son beau-père dans l’horlogerie familiale. La séparation pose des problèmes. Et ce n’est pas l’abandon des rêves de rock et de roll qui perturbe son quotidien. L’ennui ne le dévore pas, mais la routine bienveillante l’accable sournoisement. Et un soir, c’est l’attaque à main armée de la boutique. En 5 minutes chrono, sa vie bascule. On n’en dira pas plus, car le talent de Laurent Charliot mérite une vraie retenue afin de ne pas dévoiler l’intrigue. Un lourd secret bien gardé dont on se demande encore si la Reine d’Angleterre et le MI5 ont vraiment joué le rôle qui leur est prêté. Alors, rêve ou réalité « L’Horloger de Hatton Garden » ?
Hervé DEVALLAN
« L’horloger de Hatton Garden » de Laurent Charliot aux éditions Iéna – 284 pages – 22.80€












