La Part Commune poursuit son chemin dans le sillage d’Yves Landrein avec ce premier livre d’un auteur dont le métier tourne autour des sciences. Un livre de prose poétique sous-titré « depuis le temps que je regarde ».

La fenêtre, de celles tellement banales que nous ne les voyons pas vraiment, dedans, dehors à la fois et qui pourtant ouvre sur l’ordinaire de notre intimité et sur le monde, les arbres et les collines, le vent, la pluie et la lumière jusqu’à l’horizon, autant de textes courts à chacune des saisons.

Sa lectrice existe-t-elle vraiment, a-t-elle seulement reçu ses lettres ? Elle reste silencieuse et pourtant il fait en sorte de toujours lui répondre, de tout ce temps passé, perdu, négligé, dévoyé, déchiré. Des heures d’écriture, des regards croisés, dedans, dehors, des lieux familiers ouverts sur des bouts de chemins et, tout autour, ces champs à perte de vue, cette lumière, ces couleurs, ces tourterelles et ces coquelicots. Pourquoi alors autant d’inattention, autant de rendez-vous de nature pour lui, pour nous, à ce point manqués ?

« Je ne t’écris jamais de lettres-fleuves. Pourtant, j’aime l’idée que toutes mes lettres partent un jour à la mer : brassées de pages luttant contre les flots, lavées puis délavées, et toute cette encre perdue qui finit par irriguer les nuages, sûre de toucher tes yeux. »

A quoi bon passer de rectos aux versos toujours plus vite, toujours allonger le pas si ce n’est qu’accroître la distance entre nous, traverser le monde et l’actualité numérique sans même se regarder. À nous de prendre le temps d’observer pour mieux percevoir, et surtout de réapprendre à se parler et à s’écrire.

Jean Louis COATRIEUX

Jean Le Besnerais, éditions la Part Commune, août 2025, 124 pages, 13,90

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