Quatre jours sans temps morts dans le champ de Kerampuilh à Carhaix pour les 250 000 festivaliers. Retour totalement subjectif et partiel sur cette 32ème édition.

Alias

Jeudi sous le chapiteau Gwernig, Alias, des gamins bien élevés au rock, danse-punk et autres hip-hop est emmené par le prolixe Emmanuel Alias qui n’a pas besoin de se fabriquer une « choré » pour occuper la scène. Ce groupe franco-canadien génère ce qui se fait de plus authentique et novateur sans rien se refuser et sans fioritures.

Les chansons de Beth Ditto la chanteuse de Gossip sont des revendications à la différence, toutes les différences, à la bravoure et l’impertinence. La main sur le cœur et les « merci » qu’elle distribue tout au long de son concert touchent son public qui aime sa générosité.

C’est elle que l’on attendait en ce vendredi. Sur la grande scène Glenmor PJ Harvey reçoit dans son salon. Entre deux morceaux, assise à un petit guéridon la poétesse boit à petites gorgées dans une fine tasse de thé et prend des notes dans un petit carnet. Des moments suspendus et précieux succèdent à d’autres survoltés, entre titres anciens et nouveau répertoire. Blanc, noir et bleu pâle, une harmonie vestimentaire délicate partagée par ses quatre musiciens. On ne sait pas si le vol d’un goéland haut dans le ciel une bonne partie du concert faisait partie de la mise en scène.

PJ Harvey

On a aimé l’expérience « 20 Sonneurs » d’Erwan Keravec descendus de scène pour former un cercle sous le chapiteau Gwernig. Le public au centre est invité à faire un tour en rond en s’arrêtant ou pas devant chacun d’eux. Un concert que l’on a très envie de revoir. Envoûtant.

Au troisième jour Grand corps malade nous raconte sa vie, qui parfois ressemble à la nôtre, mène littéralement le public à la baguette, qui bon enfant accompagne de bon cœur Fabien Marsaud. Au fil de ses textes le slameur alerte sur nos sociétés et leur incapacité à prendre les bonnes résolutions pour un monde meilleur. Grand corps malade comme toujours « C’était la classe sans être la frime ».

Rival sons, des californiens qui jouent du rock’n roll dans la veine d’une longue lignée née dans les années 70. Un concert enlevé alternant énergie et douceur. Pieds nus et costume trois pièces rouge-marron Jay Buchanan le chanteur répétera comme un mantra avant de quitter la scène que l’important est de « only hear to each other » (s’entendre les uns les autres).

Rival Sons

En ce dimanche les Écossais de Simple Minds nous avaient préparé un subtil mélange entre succès d’hier et d’aujourd’hui. Échapper à la nostalgie avec quelques tubes en a démontré leur intemporalité. La voix de Jim Kerr n’a pas pris une ride et le son très reconnaissable du groupe depuis ses débuts emballe toujours. Une balade aux accents écossais a touché notre âme celte. Alive and kicking, était la dernière chanson d’un concert qui n’a laissé que de très bonnes vibrations.

Baxter Dury, l’enfant terrible au sourire charmeur dont la présence scénique déroutante ne ressemble à aucune autre. Une richesse musicale et pleine d’inventions et de surprises, un concert parfait sur la scène Grall en cette fin d’après-midi où le soleil en cette saison est la plus belle lumière. Plus tard à la tombée de la nuit, comme un point d’orgue Kings Of Leon donnait leur seule date en France.

Les Blouses Brothers

Le bonheur et la frustration des Charrues résident dans cette possibilité de glaner quelques bribes entre deux concerts :  Flavia Coelho, Dakh Daughters, Vulves assassines, Komodrag & The Mounodor. Le spectacle étant aussi dans le champ, on souhaite de beaux ménages aux Blouses Brothers de Pontivy.

Bernadette BOURVON
Photos : Jacqueline LEDOUX et Bernadette BOURVON 

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Festival