« Les enfants perdus de Brocéliande » par Yann Le Gal HermineHermineHermineHermine

Yann Le Gal est scénariste. Son premier roman ne peut cacher cette évidence. Chaque chapitre assez court est construit comme un plan pour le cinéma. On visualise les scènes autant qu’on les vit. Un point fort dans la construction de son histoire qui se lit comme un roman d’aventure, un jeu de piste et un conte pour enfant ayant grandi trop vite.

Pendant la seconde guerre mondiale, une poignée de gamins se retrouvent orphelin et décident de poursuivre la guerre à leur manière dans la forêt de Brocéliande. C’est-à-dire en retrouvant les codes d’honneur des chevaliers de la Table Ronde. Emmené par Arthur « Bihan Gaouiad », la bande va grossir jusqu’à rencontrer leur Guenièvre. Mais surtout harceler les allemands (les chevaliers noirs) et la Résistance pour entrer dans une autre légende qui le dépasse

Un roman très breton qui, derrière un décor de guerre mondiale, met en scène la Bretagne. Car dans les années 40, on parlait encore la langue de nos ancêtres. C’est peu la clé de ce roman puisque pour mettre en œuvre son acte « héroïque » contre les allemands, l’instituteur se met à parler breton à ses élèves. Un détail qui bascule le récit dans le monde de l’horreur, mais aussi de la réflexion : mondialisé à outrance, notre monde moderne cherche aussi à sécuriser ses données et ses échanges. Le breton pourrait être la clé de sauvegarde de toute une communauté ! Rêvons un peu…

Une chose est certaine, Yann Le Gal sait maintenir le rythme pour nous emmener haletant jusqu’à la dernière page. Et comme dans tout bon scénario, il sait aussi conclure son récit. Que les réalisateurs français en prennent de la graine, eux qui sont incapables de conclure une histoire !

Hervé DEVALLAN

« Les enfants perdus de Brocéliande » par Yann Le Gal aux éditions Istya & Cie – 346 pages – 20€ 

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