François Athanase Charette de La Contrie, dit Charette, est un général royaliste fusillé à Nantes en 1796. Vaincre ou Mourir raconte le soulèvement qu’il mena dans l’ouest de la France contre les Républicains. L’une des insurrections civiles les plus meurtrières de l’histoire : la Guerre de Vendée.
Vaincre ou Mourir est un pied de nez aux inepties enseignées à grande échelle depuis des lustres par l’Éducation nationale. Le film de Vincent Mottez et Paul Mignot rétablit la véritable histoire de la Révolution française à travers sa plus célèbre contestation : la Guerre de Vendée, opposant les « Bleus » (Républicains des villes) aux « Blancs » (Royalistes des champs) entre 1793 et 1796. Au-delà de la dénonciation du génocide vendéen, le film atteste que le peuple des provinces, c’est à dire la France dans sa majorité, n’a jamais réclamé la chute de Louis XVI, ni sa décapitation, et moins encore celle de Marie-Antoinette.
Un Breton à la tête des Vendéens
Vaincre ou Mourir nous plonge dans la Vendée de 1793, là où une grande partie de la population n’accepte pas les velléités républicaines des révolutionnaires. Il s’agit d’une fiction historique construite sur les faits réels de la Terreur – terme communément employé pour désigner cette période entre 1793 et 1794 – vus à travers les batailles menées par le général Charette, ancien officier de la Marine royale. L’environnement est factuel et les dialogues inspirés de véritables archives. Le film se pose entre reportage historique et biopic guerrier. Il ne relève pas du banal cours d’histoire didactique à retenir par cœur ; les évènements sont suffisamment spectaculaires pour ne pas être ressassés jusqu’à l’ennui comme s’y astreignent les trop bons élèves. L’histoire de François Charrette de La Contrie s’assimile, elle ne s’apprend pas.
Né dans une famille de petite noblesse bretonne en 1763 – notons à ce propos l’étrange oubli du scénariste quant aux racines bretonnes de Charette, alors qu’il tient précisément son opiniâtreté et sa rigueur d’une éducation à la bretonnité certaine – François Charette de La Contrie, entame une carrière militaire à l’âge de seize ans comme garde de la Marine à Brest. Il participe ensuite à la Guerre d’Indépendance américaine, d’abord au large des côtes françaises, puis dans les Antilles lors de la Bataille des Saintes. Autant de combats qui l’initient à l’art de la guerre. Marié ensuite avec Marie-Angélique Josnet de La Doussetière, il hérite du château de Fonteclose, près de La Garnache, en Vendée. C’est ici, qu’un groupe de contre-révolutionnaires soucieux de s’opposer à la Convention viendra le solliciter pour les mener vers la victoire.
« Il faut exterminer tous les rebelles de la Vendée. »
Maximilien de Robespierre
La guerre de Vendée est l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire de France. Pour autant, il apparait moins essentiel de revenir sur le film et ses multiples controverses, que sur les implications historiques d’un tel évènement à deux siècles de distances. Car la Révolution française ne fut pas envisagée comme un banal changement de régime, mais comme le point initial d’un monde nouveau à construire après avoir jeté bas le précédent. La création du calendrier républicain utilisé pendant la Première République (1792-1804) puis l’Empire jusqu’en 1806, est la preuve flagrante de cette volonté destructrice au bénéfice d’une reconstruction. Les nouveaux mois (brumaire… pluviôse… messidor… fructidor…) empiétaient sur ceux du calendrier grégorien jusqu’à le faire disparaitre, la volonté de la Convention étant de réduire la monarchie en cendres afin qu’elle serve de terreau à la République naissante. Échec cinglant ! Deux Empires vinrent s’intercaler entre la Couronne et Marianne.
Les Vendéens n’étaient pas de simples contre-révolutionnaires. Ils étaient « ceux » à éliminer afin que la Révolution se poursuivent jusqu’à l’étape suivante. Mais que faire des séditieux refusant les injonctions révolutionnaires ?… Comment soumettre les réfractaires à une rééducation générale ?… Nous savons aujourd’hui que Robespierre n’a pas choisi de les bannir ni même de les assujettir. Tant s’en faut. Il a bonnement opté pour leur élimination physique, d’où l’appellation de Terreur s’agissant de cette période parmi les plus meurtrières de l’histoire de France, qualificatif d’autant plus exact pour le peuple vendéen qui n’a pas souhaité être « libéré » par les Jacobins. Ce furent autant de mœurs, de codes culturels, de convictions monarchiques relatives à une manière de vivre et de se comporter qui justifièrent bel et bien de vaincre ou mourir.
De Robespierre à Staline
Vaincre ou Mourir éclaire l’histoire de France à travers une transparence objective. Il en ressort que la monarchie n’était pas un système politique inventé par quelques théoriciens « foireux » ou autres idéologues diarrhéiques. Ses lois fondamentales n’ont pas été décrétées a priori. Elles étaient au contraire forgées par jurisprudence à partir des meilleures solutions apportées, siècle après siècle, par tel ou tel souverain aux problèmes posés par le pays. C’est précisément pour sauver cet acquis millénaire que les paysans du Pays de Retz et du Marais – rejoints, pourquoi l’oublie-ton si souvent ? par de nombreux Bretons – ont sollicité Charette afin de les mener au front contre l’armée républicaine qui, pour seule lutte, aura choisi d’exterminer un groupe humain à partir d’un plan d’état. D’abord les hommes qui furent passés par les armes sans aucun procès… Puis les femmes, leurs enfants et les vieillards déportés… Ensuite vint la destruction par le feu des maisons, des champs de cultures, des campagnes et forêts…Les Vendéens furent bel et bien exterminés pour ce qu’ils étaient. On appelle ça un génocide.
Parler d’extermination lorsqu’il y a lieu de le faire
Ce qui n’empêche pas certains d’affirmer que « Le film porte une vision antirépublicaine, catholique et royaliste. » Et alors ! Temps n’est-il pas venu de remettre l’église au milieu du village ? De parler d’extermination lorsqu’il y a lieu de le faire ?… De convoquer certaines valeurs aristocratiques depuis trop longtemps disparues ?… De légitimer la parole donnée au sang versé ?… Combien de fois sera-t-il nécessaire de souligner qu’il est de plus en plus difficile de condamner Staline en honorant Robespierre, de se lamenter sur le génocide cambodgien en oubliant l’extermination vendéenne, de déclarer le goulag intolérable en excusant la guillotine, et d’attaquer le terrorisme en pardonnant la Terreur ? Oui. Toutes les matrices révolutionnaires fonctionnent à la purge : il faut chaque fois supprimer les irréductibles. Le scénario se reproduira à l’issue de la révolution russe… puis au court de la Longue Marche de Mao Zedong… également lors de la prise du pouvoir par Pol Pot… Trois exemples loin d’être exhaustifs dont les assaillants se sont tous inspirés de Robespierre en applaudissant Staline. Les groupies du premier (responsable de 40.000 morts dont 17.000 guillotinés) approuvent aujourd’hui encore les défenseurs du second à qui l’on attribue un minimum de trente millions de victimes.
100 000 entrées
Les procédures judiciaires engagées chaque mois de décembre à l’encontre des crèches de Noël, et celles qui s’opposent en permanence aux représentations du catholicisme – dernière affaire en date : la statue de la Vierge sur l’île de Ré – sont les prolongations temporelles et historiques des folies révolutionnaires de 1793. Mais la mécanique bien huilée des néo-robespierriens semble désormais enraillée. Merci à Libération, au Monde, à Télérama, aux Inrockuptibles, et à tous ceux qui ont tiré à boulets rouges sur un film à petit budget non subventionné. Grace à ces pointures du grand journalisme, Vaincre ou Mourir a dépassé en une semaine son objectif global de 100.000 entrées. Il est fort à parier que l’académie des César ne gratifiera le film d’aucune distinction. On s’en réjouit d’avance.
Jérôme ENEZ-VRIAD
© Février 2023 – Bretagne Actuelle & J.E.-V Publishing
Vaincre ou Mourir, un film historique de Paul Mignot et Vincent Mottez
En salles depuis le 25 janvier 2023
110 minutes – Avec dans les rôles principaux : Hugo Becker (Charrette) – Jean-Hugues Anglade – Gilles Cohen – Grégory Fitoussi – Léon Durieux (Louis XVII)
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