Deux évènements percutent l’actualité. D’une part, la volonté d’Emmanuel Macron de reloger une partie de l’immigration citadine dans les campagnes françaises. D’autre part, un projet d’installation de migrants dans la commune bretonne de Callac. Décryptage.

Ce qui passe aujourd’hui dans le village de Callac (2.200 habitants à l’ouest des Côtes d’Armor) est à la fois l’exemple d’une incompréhension sociale de la part de nos élus, et celui de leur renoncement moral ; la première étant subconséquente au second, car si le renoncement peut être admirable en politique, encore faut-il savoir à quoi il engage. Ainsi, lorsque le Président Macron plaide pour une meilleure répartition des étrangers accueillis dans « les territoires » (c’est-à-dire la province) il faut y voir une décision aux multiples sous-titrages.

La théorie des non-dits

Difficile d’envisager que l’on puisse avoir une théorie sur l’immigration sans avoir une théorie générale de l’Homme (majuscule) et de la vie. Voilà ce qu’attendent les électeurs de leurs élus : une projection sociétale sur du long terme afin de nourrir le postulat nécessaire aux démonstrations riches en véritables idées, celles qui ont du sens et signifient quelque chose. Bref ! Que disent les pro-immigration de Callac ? Ces gens sont un potentiel d’enrichissement pour la Bretagne… Qu’affirment-ils ?… Leur présence comblera les emplois vacants dont les Bretons ne veulent pas… Qu’insistent-ils ? Leur travail bénéficiera aux cotisations des retraites qui nous font défaut…

Si ces « migrants » – le terme est à ce point générique qu’il ne veut plus rien dire – venus chez nous sans que personne ne les ait sollicités à le faire souhaitent réellement travailler, pourquoi les expédier à la campagne alors que l’essentiel des emplois se trouve dans les villes et les zones industrielles périphériques ? Et s’ils sont, dans ce cas précis, voués à enrichir la Bretagne en devenant de courageux travailleurs qui cotiseront aux multiples charges assurant la pérennité de nos retraites, pourquoi diable ! envisager une réforme drastique du système ? Peut-être y-a-t-il, en fait, d’autres raisons moins glorieuses au « repeuplement » de nos régions.

Grand remplacement ou petite soumission ?

La première de ces raisons est que monsieur Macron ne sait plus quoi faire avec l’immigration. Mémorisons quelques chiffres pour bien comprendre ; 1.278.374 nouveaux premiers titres de séjour furent attribués sous son premier quinquennat, auxquels s’ajoutent les clandestins évalués à plus de 150.000 entrées annuelles*. La colère gronde dans les métropoles et elle n’est pas sans rappeler les prémices d’une révolte. Au reste, les méfaits d’une immigration désormais trop nombreuse, se rapprochent des quartiers aisés dans lesquels vivent nos élus soudain confrontés à une présence inopportune. Faute de pouvoir cantonner « ces gens » dans les banlieues populaires devenues ingérables, pourquoi ne pas les installer en province ? c’est l’idée. Celle d’un Président de la République hors-sol.

A bien y réfléchir, quels sont les projets d’Emmanuel Macron pour la ruralité ? Aucun. Ainsi, imagine-t-il qu’il n’y aura plus jamais suffisamment d’enfants Bretons dans les campagnes d’Armor pour s’asseoir sur les bancs de nos écoles et collèges… Ainsi, acte-t-il l’impossibilité de rétablir les infrastructures communales, départementales et régionales, sans immigration locale… Adieu transports en commun, cabinets médicaux et administrations : poste, gendarmerie, etc. ; les Bretons n’existent désormais plus qu’à travers le projet d’un vaste accueil migratoire auquel ils sont contraints. Si ce n’est pas du grand remplacement, on peut toutefois considérer que cela en accrédite la thèse, à moins qu’il ne s’agisse d’une petite soumission.

Ni l’acceptation ni le refus ne sont des brosses à reluire

Il n’existe pas une civilisation qui ne se soit éteinte victime de ses propres accomplissements. Si l’on tient compte des chiffres de l’immigration officielle transmis par Bruxelles, et si l’on y ajoute ceux du renouvellement par naissance de chaque population, autochtone et indigène, l’Europe entière sera dans un demi-siècle vassalisée par l’immigration africaine. C’est mathématique. L’ironie est toutefois de constater que c’est au moment où la laïcité française a libéré ses provinces du despotisme religieux qui s’opposait depuis plus de mille ans aux sciences que les Grecs… les Babyloniens… les Phéniciens…  les Égyptiens… les Juifs… et tant d’autres ont patiemment élaborées durant l’Antiquité, oui, à peine avons-nous bénéficié des Lumières de cette laïcité que l’on nous impose une immigration assujettie à l’islam.

Les zones rurales votent pour l’essentiel à droite. Une fois naturalisées, ces nouvelles générations d’immigrés et leur descendance seront à n’en point douter reconnaissantes aux majorités municipales (toujours de gauche) qui les auront accueillies, assurant leur réélection dans des villages où l’exode autochtone réduit les électeurs de souche à peau de chagrin. Certaines majorités sont prêtes à tous pour rester en place, y compris à investir sur le long terme dans un accueil migratoire massif. On se demande pourquoi elles n’engagent pas la même énergie et autant d’argent afin de créer les emplois qui permettraient de garder la jeunesse sur place. On ne dynamise pas un village avec des gens qui n’ont jamais souhaité y venir. Et ceux qui étaient là avant ont le droit de dire oui ou non à un tel projet. Ni l’acceptation ni le refus ne sont des brosses à reluire.

Laisser faire ou désobéir

Les bonnes consciences politiques confondent universalisme et mondialisation. Le premier relève d’un rayonnement de et pour l’humanité, alors que la mondialisation déshumanise parce qu’elle déracine les plus pauvres au bénéfice des plus riches. La mairie de Callac divise ses administrés en leur demandant de choisir entre Rome ou Babel. L’idée s’impose qu’il faudrait être, ou du côté de l’enracinement, ou de celui d’une immigration tentaculaire. Rien entre les deux pour dégager l’horizon. Tout cela va bien entendu mal se terminer. La Bretagne est une personne. Elle a une âme comme toutes les Nations. Ne nous inquiétons pas de ce qu’il risque d’arriver si nous désobéissons, mais bien plutôt de ce qu’il arrivera si nous laissons faire.

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Septembre 2022 – J.E.-V. & Bretagne Actuelle

* Source : https://observatoire-immigration.fr
– Illustration bandeau : Plan d’eau de Callac

Une opinion contraire par Gilles Cervera 

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