Commençons par la pochette du disque. Un livret bicolore, comme une litho* ouverte sur deux faces. Le vinyle et sa pochette se baladent donc facilement si on y prend garde. Côté musique, le DIY des années 90 trouve une seconde jeunesse entre punk américain et emo européen. La guitare est donc reine, puisant à la fois dans la saturation et le larsen. Les riffs sont acérés et les harmonies sur le fil. Le sentiment d’appartenance se fait sentir. On n’est pas là pour remplir les stades, juste exprimer certaines vérités crues et sans filtres apparents. Il faut dire que les membres d’Angry Silence sont ouvriers, intérimaires, brasseurs, correcteurs, électriciens et chômeurs. La Bretagne visible en quelque sorte. La Bretagne motivée avec dans ses rangs Manu (chanteur de Litovsk) et Pascal (ancien Ghost Mice, La Fraction et Unlogistic, fondateur du label Et Mon Cul C’est Du Tofu et plus récemment de Coolax Records). Ce dernier label ayant coproduit le disque avec une petite dizaine d‘autres. Autre fait marquant pour illustrer l’esprit de leur musique sauvage et intègre qui figure sur la pochette de leur album, nous citons : « Angry Silence ne veut pas de chroniques dans des magazines financés par des pubs pour des entreprises du CAC 40, mais vous encourage à écrire votre fanzine ». Ces quelques lignes ont donc toute leur place dans Bretagne Actuelle. Et puisque le silence n’est pas d’or, on pense à leurs aînés Camera SIlens. Autre époque, autres combats. Même si ces derniers ne citaient pas Hypocrate…
Hervé DEVALLAN
Angry Silence « Strange times call for strange measures » (La Face Cachée) – Vinyle noir 180g, 500 exemplaires – En vente ici
*Le visuel de la pochette a aussi une explication que l’on trouve sur leur page Bandcamp. « Après un premier séjour au Pérou au début des années 1980, indigné par la condition des personnes en situation de handicap, Michel impulse un collectif solidaire en Bretagne pour collecter des fauteuils roulants et les acheminer jusqu’au Pérou. L’association organisa un premier convoi dans les années 1980, étincelle qui en alluma d’autres jusqu’au début des années 2000. C’est Michel que vous voyez de dos sur le recto de la pochette du disque. Sur le verso, l’ouverture du container au moment de l’arrivée au Pérou. »












