Alors que les Humanités ont disparu de nos écoles, les locutions latines ne cessent toutefois de fleurir la langue française. Il y a ceux qui les connaissent, et les autres. Pour ces derniers, le petit livre Astérix et les citations latines expliquées, semble être une solution d’apprentissage ludique. Sursum Corda !

Bernard-Pierre Molin n’a pas la prétention d’enfermer dans un seul volume toutes les locutions latines de la littérature. Il apparait cependant que les plus usuelles répondent au besoin d’être enseignées ; ce sont autant d’expressions maintes fois lues ou/et entendues mais dont le sens demeure parfois obscur. Ainsi, certains ont oublié que Cogito ergo sum : Je pense donc je suis, est la clef de voûte du Discours de la méthode de Descartes. D’autres apprendront que Fluctua nec mergitur : Il est battu par les flots mais ne sombre pas, fut imposé par le baron Haussmann sous le Second Empire comme devise sur le blason de Paris. Quant au célèbre Tu quoque, fili : Toi aussi, mon fils !, ces trois mots furent prononcés par Jules César à l’adresse de son fils Brutus lorsqu’il vint l’assassiner une dague à la main.

Nulla dies sine linea

De son côté, Pline, écrivain naturaliste mort en 79 à Pompéi, notait ceci : Nulla dies sine linea. Cette courte phrase rend hommage aux grands auteurs latins cités dans le livre, de Caton l’Ancien (234-149 av. J.C.) à Suétone (69-126), en passant par Virgile (70-19 av. J.C.) et Tacite (55-120) ; Bernard-Pierre Molin leur consacre une micro-biographie fort utile. En outre, il serait injuste de ne pas rendre hommage aux Grecs dans un ouvrage de citations latines, à leur culture et à leur langue dont les Romains s’inspirèrent grandement ; l’auteur place donc son travail sous l’égide du plus célèbre d’entre eux, le philosophe Socrate et son célèbre : Nosce te Ipsum.

Une dimension humoristique

Utilisées avec plus ou moins de sérieux, détournées de manière complètement farfelue ou encore répétées à l’envie, ces locutions prennent une dimension humoristique dès lors qu’elles sortent de la bouche d’Astérix. On oublie en effet trop vite qu’Obélix et son comparse doivent une partie de leur gloire aux Romains sans qui leurs aventures seraient moins pittoresques. Or, les Romains parlaient latin, raison pour laquelle Uderzo et Goscinny – qui avaient étudié les Humanités – ont parsemé leurs aventures de moult citations empruntées aux plus grands poètes de la Rome antique. Astérix et les citations latines expliquées de A à Z en propose un passionnant décryptage. Alors, osons savoir et Mementote Ridire.

Le latin, langue morte la plus enseignée de tous les temps

Toutes les locutions du livre sont reprises dans un index en fin de volume. Plusieurs inserts expliquent également d’où vient le latin, langue morte la plus enseignée de tous les temps, et comment elle a survécu à deux millénaires de non utilisation. S’y ajoute une brève histoire de Rome, sa légende, sa République de 1050 av. J.-C. à la fin de l’Empire romain d’Occident en 476 de notre ère. Bernard-Pierre Molin évoque même les locutions qui n’apparaissent à ce jour dans aucun album d’Astérix. Alors prenons un peu d’avance et, pour bien toutes les retenir, Festina Lente un peu chaque jour.

Sursum Corda ! : Haut les cœurs !
Nulla dies sine linea : Pas un jour sans une ligne
Mementote Ridire : N’oublie pas de rire
Nosce te Ipsum : Connais-toi toi-même
Festina Lente : Hâte-toi lentement

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Mars 2022 – J.E.-V. & Bretagne Actuelle

Astérix et les citations latines expliquées de A à Z – Texte de Bernard-Pierre Molin – Éditions E/P/A – 159 pages couleurs – 14,90€

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