Mo’Jo : Spered HermineHermineHermine

Apporter de nouvelles sonorités à la musique de fest-noz n’est pas une mince affaire. C’est ce que fait Mo’Jo avec Spered, son premier album.

Fondé en 2014, Mo’Jo, quartet finistérien de musique à danser, vient de sortir son premier album. Fruit de plusieurs années de travail et de maturation, ce disque permet au groupe d’affirmer son univers et d’offrir aux amateurs de festoù-noz des compositions originales où se mêlent les sonorités. Car marier kalimba, sansula, flûte, violons, basse et même didjeridoo au sein de morceaux traditionnels bretons n’est pas si courant et mérite qu’on s’y attarde. Spered (esprit en breton) s’ouvre ainsi sur un rond de Loudéac composé par Paul-Emmanuel Morucci, pilier du quartet et multi-instrumentiste qui, sur cet album, jongle entre kalimba et flûte. Cette entrée en matière donne le ton du disque qui se veut dansant et dépaysant. A l’image du titre, Guillemette s’en va cueillant, un baleu dont la mélodie accroche aussitôt l’auditeur, mais aussi et surtout de Kookaburra, un cercle circassien qui porté par le didjeridoo de Zalem Delarbre (l’un des plus grands spécialistes de cet instrument aborigène en France et qui intervient ici sur plusieurs compositions) s’impose comme l’un des morceaux phare de ce skeud. Un skeud qui, en dépit de ses nombreuses qualités, n’est pas pour autant dénué de défauts comme en témoignent le mixage de certains morceaux (Dor An Ifern notamment) et le niveau sonore parfois trop appuyé du violon. Ce premier disque n’en demeure pas moins convaincant et s’impose comme une belle invitation à la danse et au voyage.

Erwan BARGAIN

Mo’Jo : Spered (Autoproduction)
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