Pourquoi un confinement planétaire fut-il décidé avec une disparition brutale de nos libertés de déplacement ? Comment, sur un modèle chinois qui n’est pas vraiment démocratique, a-t-il été possible d'enfermer quatre milliards d'individus en quelques jours sans aucune opposition ? Quid du droit ? De la justice ? Du bon sens ?
Les statistiques mondiales de la mortalité relative au Covid-19 sont largement inférieures à celles de la malaria, des accidents vasculaires cérébraux ou des infarctus. Durant le confinement, les maladies « traditionnelles » ont tué infiniment plus que le coronavirus ne l’a fait. Mais chut ! Silence absolu. Aucune étude objective des chiffres n’a jamais été faite par les médias. Cela ressemble à une imposture nourrie de nombreuses failles et incohérences, d’affirmations sans preuve, et du refus de débattre avec les scientifiques contestataires.
Le confinement général est un piège politique jacobin
De grandes démocraties, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède ou la Suisse, n’ont pas adopté la stratégie du confinement général au bénéfice d’une vie qui aura suivi un cours normal. Ont-elles mis pour autant leur population en danger ? Manifestement non. Les morts y sont moins nombreux. Il est donc légitime de s’interroger sur les raisons qui ont poussé Paris à un confinement global de la population française, alors que certaines provinces ont à peine vu passer le Coronavirus. Pourquoi imposer les mêmes précautions dans l’Ain, l’Aine ou la Bretagne qu’à Paris et Marseille ? Pourquoi n’avoir pas confiné en fonction de l’extension de la pandémie, exactement comme l’on fait les pays suscités avec le succès que l’on connait ? Il est en outre apparu très tôt que la maladie était en grande majorité fatale pour les personnes âgées de plus de 70 ans, et celles (souvent les mêmes) atteintes de graves pathologies. Dès lors, confiner tous les actifs du pays était-il davantage rationnel que de concentrer la prévention sur des groupes et régions à risques ? Nous connaissons la réponse. Seulement voilà ! Pour être efficace, il eut fallu accorder aux départements et régions le pouvoir de décisions locales que Paris leur refuse depuis Napoléon.
Un confinement inepte et sans véritable base légale
Cette suspension de l’État de droit s’est faite sans véritable base légale. Le décret du 16 mars 2020 restreignant les déplacements des citoyens n’entre pas dans les compétences du pouvoir exécutif ; néanmoins, le conseil d’État l’a validé en s’appuyant sur la théorie jurisprudentielle des « circonstances exceptionnelles ». Une semaine plus tard, 23 mars, le Parlement validait les mesures annoncées en votant une loi « d’État d’urgence sanitaire » qui autorise le gouvernement à prendre les dispositions qu’il jugera appropriées « en cas de catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population ». Tout cela est flou et inutile puisqu’il eut suffi d’isoler les départements contaminés afin de protéger les autres. Un seul exemple. Le confinement interdisait aux Ariégeois (peu contaminés) de se rendre en Haute-Garonne voisine (davantage contaminée), mais il était possible aux Espagnols (très contaminés) d’entrer en France par l’Ariège puisque les frontières intra-Schengen étaient ouvertes – et le sont encore. Pourquoi une telle incohérence qu’aucun préfet de bon sens (fut-il représentant de l’État) n’aurait acceptée s’il avait dû prendre une décision locale et non appliquer les inepties nationales ?
Où étaient les élus régionaux ?
L’opposition politique régionale n’a rien dit. Les élus régionaux se sont soumis à une majorité jacobine, laissant Paris conquérir les pouvoirs locaux en invoquant la nécessité de préserver la santé des Français, avec les résultats catastrophiques que le professeur Salomon nous assénait chaque soir en récitant son tableur Excel. Le gouvernement a décidé seul, sans aucune concertation départementale, contraignant les entreprises à mettre au chômage partiel plus de 11 millions de salariés du secteur privé. A croire que ce confinement était bienvenu ! Confortable pour Matignon et l’Élysées d’en finir en douceur avec le mouvement des Gilets Jaunes qui se « provincialisait « ; plus facile de dissimuler les indubitables difficultés financières qui (déjà) se profilaient pour 2020 et, par là-même, attendre que cette quarantaine pandémique justifie des aides européennes inespérées en temps normal. Maintenant l’argent coule à flot, la BCE ouvrent les vannes, et Bercy serait bien en peine de refuser une telle manne qui permettra à monsieur Macron de camoufler les déficit abyssaux dangereux pour sa réélection. Cela valait bien de priver tout un peuple de ses libertés civiles, politiques et sociales que l’on croyait inaliénables : liberté d’aller et de venir, liberté de réunion, liberté d’entreprendre, liberté de travailler…
Pouvait-on faire autrement ?
Il est sidérant que les pouvoirs exceptionnels confiés à l’État pour appliquer un confinement brutal et sans nuance à tout le pays, n’aient donné lieu à aucun débat, comme s’il n’y avait pas d’autre choix pour contenir un virus dont on atteste aujourd’hui qu’il aura vécu le temps d’une banale grippe saisonnière. Sidérant ! Le mot est faible. Car une autre voie était possible : celle du confinement départemental/régional, avec un pouvoir d’appréciation laissé aux autorités locales. Pour cela, eût-il fallu que chaque force régionale : élus, syndicats, professionnels divers…, s’unissent afin d’agir contre certaines décisions étatiques. Breizh-Corona contre Covid-19 ! Les bonnes décisions étaient à prendre à l’échelle d’une urgence locale, qui n’était pas la même dans le Finistère et en Seine-Saint-Denis.
Jérôme ENEZ-VRIAD
© Mai 2020 – Bretagne Actuelle & J.E.-V.











