De Brest aux confins de l’Island, le thriller de Gwenael Le Guellec va puiser dans ce que la nature humaine a de plus vil et de plus sale : la vengeance, les meurtres et la torture. Qu’ils soient marins bretons ou pécheurs norvégiens, la folie n’a pas de frontière. Et la façon dont l’auteur construit son intrigue non plus. On est emballé dès la première page et étonné jusqu’à la dernière.

Il faut en convenir, ce roman initiatique est une vraie réussite. Outre les raisons objectives de – bien – mener son histoire, l’auteur sait aussi mettre en scène sa Bretagne avec un personnage principal qui n’hésite pas se dire breton et non français. C’est amené naturellement, comme une évidence, donnant un vrai goût de modernité à l’histoire. Bien vu à l’heure où notre monde se globalise et devient trop policé pour être honnête. Quand ce n’est pas des seconds personnages qui pratiquent le breton ; et bien sûr, des lieux dits, des quartiers, des villages qui sentent bon notre pays. La francisation des communes par les élus de la République n’est pas encore arrivée jusqu’à « Armorican psycho ».

On ne sent pas le poids de ces 700 pages qui s’avalent si vite qu’on n’a pas le temps de penser à la solution du livre numérique. Oui, le héros ordinaire Yoran Rosko nous entraîne dans son Brest sombre, froid et pluvieux. Un vrai décor en noir et blanc dû, aussi et surtout, à un problème ophtalmique l’obligeant à vivre la nuit. De notre côté, sa traque du « tueur de sel » illumine nos journées. Et on se dit qu’un tel livre s’adapterait facilement au cinéma. On a les images en tête et la bande son dans les oreilles. L’œuvre de David Bowie en tête.  

Hervé DEVALLAN
« Armorican psycho » de Gwenael Le Guellec aux éditions Nouveaux Auteurs, 700 pages, 19.95€

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