Pas besoin d’être anglais pour aimer et comprendre Matthew Edwards. Être sensible à une certaine forme de beauté suffit.

Etrange de se dire que ce type de musique (chansons pop anglaises comme aimait parfois défendre un certain David Jones) ait pu trouver refuge sur un label français. December Square en l’occurrence. Et ils ont bien fait tant Matthew Edwards impose sans ostentation une élégance naturelle de dandy perdu. Alors, pourquoi ne pas s’égarer sur les bords de Seine. Il semble plus facile de s’exiler quand on doit quitter Birmingham. Qu’importe, dans ce nouveau disque, le chanteur se livre et présente son album le plus personnel très certainement. « Pendant l’écriture, j’ai perdu mon père et ma mère après l’enregistrement des chansons. Chaque membre du groupe a souffert de pertes, de maladies et de chagrin d’amour au cours de cette création de ce disque » explique-t-il dans une interview à Soul Kitchen. Il est vrai qu’à la beauté naturelle de ses compositions s’ajoute une certaine tristesse qui renforce ce sentiment de plénitude. On n’est pas là pour faire la fête. En revanche, « The Birmingham poets » n’alimente pas la machine à lacrymale. L’anglais sait rester optimiste en toute circonstance : un match peut se gagner à l’ultime minute des prolongations. Au final, la pochette du disque résume bien l’atmosphère des 10 morceaux. Regardez et appréciez. C’est signé du photographe français Nicolas Bouvier qui vit aux États-Unis et réalise ses clichés sous le nom de Sparth. Magnifique.
Hervé DEVALLAN
Matthew Edwards & the Unfortunates « The Birmingham poets » (December Square) – 3/5












