Plus de trente ans après ses débuts discographiques, le trio suisse continue de bidouiller ses machines et ses guitares pour imaginer une musique qui ébranlent toujours les éléments et nos imaginaires. Un rock tellurique qui ferait danser les pierres.

Imaginez que Vulcain, Odin, Bélénos et tous les autres dieux des Cieux, de la Terre et des Enfers aient (enfin) décidé de se réunir pour une cérémonie non pas secrète mais mystérieuse, étrange, fascinante, virevoltante où l’on entendrait se mêler le chant des pierres à celui des nuages… En gros, vous aurez le nouvel album « commis » par le trio The Young Gods. Un disque qui infuse, qui donne envie de secouer sa carcasse en mesure (l’impressionnant Tear Up The Red Sky qui ferait s’ébrouer un ours ou deux), ou pas. D’ailleurs, peu importe ! Franz Treichler, entouré de ses complices Cesare Pizzi et du batteur Bernard Trontin, délivre un condensé de ce qui rend The Young Gods aussi uniques qu’inimitables. Un condensé de transe, un rock tellurique qui ne cherche à intellectualiser mais à vous secouer jusque dans les ventres, une musique qui parle à l’instinct. Cela donne par exemple Figure Sans Nom, et ses incantations (« Elle danse une figure, elle danse une figure… » souligné par une simple guitare et son riff électrique), mais aussi – « You gave me a name » – avec son motif répétitif, et ses plongées dans des paysages imaginaires au gré des pensées qui traversent l’auditeur : désert glacé, chute d’eau, montagne rosée par la lumière du soir… Plus de trente cinq ans après ses débuts, le trio suisse qui a influencé autant David Bowie que Nine Inch Nails continue de faire travailler les imaginaires avec une économie de moyens mais un son toujours aussi impressionnants.
Frédérick RAPILLY
The Young Gods « Data Mirage Tangram » ( Two Gentlemen / Differ-Ant) – 5/5
Cote d’amour = 95 %
Rock tellurique, Data Mirage Tangram, Neo-Soul. Showtime, Two Gentlemen












