L’histoire de la Bretagne est avant tout relative à de multiples influences maritimes. Autant de truchements culturels, géopolitiques et géostratégiques simples à comprendre et faciles à retenir. La mer a modelé l’âme Bretonne et y préside aujourd’hui encore plus qu’hier.
L’Antiquité envisageait la mer comme le repère des monstres et l’habitacle des dieux. Ses déchaînements évoquaient le chaos promis à qui ne la respectait pas. On la divinisait parce qu’elle nourrissait mythes et légendes qui étoffèrent l’espérance et une certaine idée de la liberté. Personne ne s’y baignait, sauf par obligation d’un naufrage ou d’une malencontreuse chute, car l’affronter revenait à prendre des risques inconsidérés : ceux des abords du plus grand des précipices.

L’humain est constitué à 80% d’eau salée
La mer est sans route ni explication. Aujourd’hui encore, l’observer revient à s’inscrire vers un inconnu philosophique et géographique. Berceau de la vie comme de la mort, jamais n’a-t-on entendu aucun navigateur souhaiter mourir ailleurs que dans ses flots tourmentés. Et pourtant ! Alors que nous avons cherché de gentils Martiens sur la Lune, les scientifiques découvrent chaque jour de nouvelles formes de vies marines. De surprises en surprises, ces révélations sont en passe de nous aider à comprendre la grande alchimie terrestre, en passe de nous nourrir, de nous soigner, nous guérir…
Une merveilleuse lecture de l’histoire
Qui prend la mer, où qu’il aille et d’où qu’il vienne, est davantage libre qu’un oiseau au-dessus des terres. On quitte le rivage pour un nouvel appontage. Byzance, Venise, Carthage, toutes les grandes puissances furent, sont et resteront maritimes. Pour autant, la mer est capricieuse. Se refuse à la Terre. Ce n’est pas la Bretagne qui plonge en elle, c’est une masse d’eau informe qui entoure les littoraux d’Armor et d’Arvor. Le bras de fer est rude mais la mer, « à la fois si redoutée et si désirée » (De Gaulle), l’emporte toujours. Aucun pays enseveli n’a jamais été retrouvé.

La mer et les océans sont notre avenir
La mer est en chiffres ce que la démesure illustre de mieux sur Terre. 80% de notre oxygène y est fabriqué. Le phytoplancton absorbe 30% du gaz carbonique émis. Le métier de pêcheur est le plus dangereux au monde. Chaque année, 24.000 hommes périssent sur leur bateau un filet à la main, sans oublier les 150 navires de pêche qui font naufrage dans les eaux européennes. Toute l’économie mondiale repose sur le transport maritime, et seuls les pays baignés d’eaux marines peuvent suffirent à leur propre économie. N’oublions jamais que l’eau de notre verre a connu la mer, ni que la liberté ne peut être que toutes les libertés, comme la mer ne peut être que tous les océans. La Bretagne souveraine sera celle d’une gestion autonome de ses côtes. De cette mer infinie qui la baigne et s’enchâsse dans d’autres eaux plus vastes encore. Vive la Bretagne ! Oui. Vive la mer. Évidemment.
Jérôme ENEZ-VRIAD
(Merci à Christian Buchet, de l’académie marine, pour son inspiration fortuite)
© 2019 – Bretagne Actuelle & Jérôme Enez-Vriad











