Le guitariste de Dr Feelgood revient avec 12 morceaux originaux. Ça fait 30 ans que ça n’était pas arrivé. Comme quoi, les miracles marchent par deux.
Au début était l’objet. Ce vinyle tant attendu et respecté, parfois. Avec le dernier Wilko Johnson, on retrouve de cette fièvre : jaquette cartonnée avec un rabat en verso comme dans les années 60. Et le vinyle 180g de bonne facture. Ça tient en main et permet milles promesses. Et Dieu sait que le survivant Wilko Johnson sait tenir ses promesses. On l’avait laissé avec un crabe le condamnant dans les 6 mois et un dernier témoignage avec le chanteur des Who. Le revoilà 4 ans plus tard en solo ou presque. Du pur jus de rock’n roll qui nous rappelle – bien sûr – Dr Feelgood et son jeu de guitare inimitable. Mais bien plus que du rock, c’est l’âme même d’une musique populaire qui transpire ici. Entre Boogie, pub rock et rock’n roll, l’énergie, le talent et tout simplement le génie du Monsieur file brut et fier avec l’innocence et l’évidence des choses bien faites et bien dites. Sur un parterre de groove dont Norman Watt-Roy a le secret (il fut le bassiste de Ian Dury et on lui doit quelques lignes de basses des Clash et de « Relax » de Frankie Goes to Hollywood), les 12 morceaux donnent une nouvelle dimension à l’espace temps. Oui, il file trop vite. Et cette compression ne doit rien à l’âge : l’album est tout simplement limpide avec des éclairs de claviers et d’harmonica… Et pas un seul solo de guitare ! Juste l’amour du rock et du travail bien fait. On se répète.
Guillaume du Porzou
Wilko Johnson « Blow your mind » (UMC / Universal)












