À l'origine, une modeste kermesse organisée entre amis dans la campagne bretonne… Désormais, un festival de musique accueillant des artistes internationalement connus et quelque 250 000 participants dans la petite de ville de Carhaix.
En 1992, nul n'aurait imaginé qu'en pleine campagne de l’ouest de la France, une petite fête entre amis autour de quelques jeux et grillades se transformerait un jour en festival de musique, célèbre bien au-delà des frontières bretonnes. Mais c'était sans compter sur l'enthousiasme débordant des participants et des bénévoles qui, chaque année plus nombreux, le hissèrent aux premiers rangs des festivals musicaux d'Europe.
Ainsi, la scène des Vieilles Charrues accueille des artistes de renommée internationale. Parmi eux, James Brown en 1997, Ben Harper & The Innocent Criminals en 1999, Noir Désir en 2001, Bruce Springsteen ou encore The Cure en 2012. La sélection des artistes se veut éclectique passant du rock des Rita Mitsouko à la poésie de Charles Aznavour.
Festival éco-citoyen
Outre une célébration de la musique, le festival défend des valeurs de solidarité, de militance et de respect. À travers des stands, diverses associations, comme Amnesty International ou la Fondation Abbé Pierre, informent et sensibilisent les festivaliers. Les organisateurs s’engagent aussi sur le terrain de l’écologie en réduisant les émissions de CO², en préservant l’eau et en encourageant le développement des énergies propres.
Quel est le budget d’un tel festival ? Où sont les financements ?
Le budget du festival dépasse les sept millions d’euros. Les Vieilles Charrues sont financées essentiellement par leur public. L’autofinancement dépasse les 95 %. Cette donnée met une pression permanente sur l’événement. Le budget s’équilibre aux alentours de 150 000 entrées payantes par édition. La barre est haute. Les institutions (Conseil général, Conseil régional…) aident surtout le festival sur des opérations spécifiques. Le département du Finistère soutient, par exemple, la venue des festivaliers en transports en commun.
Enfin, le festival développe depuis quelques années une politique de partenariat avec des entreprises privées. Plusieurs sociétés sont devenues mécènes des Vieilles Charrues. C’est aussi, pour elles, une manière d’adhérer au projet atypique de ce festival, qui a toujours favorisé les entreprises régionales au moment de passer des commandes. Exemple : la bière Coreff !
Toutes ces stars à Carhaix-Plouguer, est-ce un choc pour eux ? Logent-ils sur place ?
Les capacités hôtelières de Carhaix sont très limitées. Le festival loge donc les artistes un peu partout en Bretagne. Nombre de groupes voyagent et vivent dans leurs tours-bus lors de leurs tournées. Mais je vous rassure, personne ne dort à la rue en venant aux Vieilles Charrues !
Le vrai choc, pour les artistes et ce, quelle que soit leur notoriété, est l’accueil extraordinaire du public. Un artiste qui sait être généreux sur une scène des Vieilles Charrues reçoit beaucoup d’enthousiasme et de respect en retour.
En toute modestie, je crois pouvoir dire que la Bretagne est le meilleur public de France. Les artistes le confirment régulièrement. Certains quittent les scènes en larme, tant ce qu’ils ont vécu dépasse l’entendement. Cela a été le cas pour des gens comme Pierre Perret, M, Cali, Ben Harper et tant d’autres. Ces moments d’osmose entre les artistes et le public sont incroyables.











