Une richesse de programmation, une sérénité palpable guidée par la simple envie de se retrouver, les 280000 spectateurs ont trouvé leur bonheur lors de ces quatre jours carhaisiens. Retour sur cette édition en quelques choix subjectifs mais toujours sincères.
La classe British. Chaussures vertigineuses orange, bermuda long noir et casquette kaki, un combo à haut risque pour n’importe qui sauf pour Joy Crookes. A une heure chaude de l’après-midi la chanteuse, de mère bangladaise et père irlandais, a enveloppé le champ de sa voix aux accents soul, jazz et métissés. Une artiste de 27 ans qui affiche ses convictions et que l’on va aimer suivre de très près.
Le calme et la tempête. Ne vous fiez pas aux mélodies tranquilles de Patrick Watson, à son allure de « boy next door ». Quand on s’y attend le moins, il fait chavirer l’ambiance dans une partition déchainée parfaitement orchestrée par ses musiciens. L’artiste ne boude pas son plaisir d’être ici loin de son Canada natal. Plaisir partagé.

Patrick Watson
En majesté. Envoutant, symphonique, troublant, réconfortant, virtuose, le concert de Nick Cave and the bad seeds ne se raconte pas, se résume encore moins, c’est une expérience unique. Le groupe australien touche dans nos cœurs et nos corps ce que l’on a plus fragile et aussi de plus fort, ce qui constitue nos vies misérables autant que lumineuses. Celles et ceux qui y étaient ne sont pas prêt.e.s d’oublier ces deux heures et demie d’intensité musicale, de fraternité et de communion.

Nick Cave
Entre nous. Feu! Chatterton ne déçoit jamais. Occuper la scène immense de Glenmor devant un public dont on ne voit pas la fin et s’adresser à lui comme dans son salon (ou presque) n’est pas donné à tous les artistes. Les histoires d’Arthur Teboul raconte les nôtres, la disparition d’un être aimé, des amours contrariés, nos incohérences si humaines et nos espérances d’un monde nouveau. Oh ouiiii!
Hypnotique. Lorsque l’on ne sait pas à quoi s’attendre la surprise est d’autant plus forte. Le show electro de Tomora, projet de la chanteuse norvégienne Aurora et de Tom Rowlands des Chemical Brothers est une incursion dans leur univers poétique d’une esthétique recherchée. Des images que l’on ne quitte pas des yeux, absorbé par les sons d’un récit tendre et percutant à la fois.

Tomora
On n’oublie pas la virtuosité engagée du multi instrumentiste Xavier Rudd l’autre australien de cette programmation, la dose d’adrénaline punk-rock indispensable délivrée par le groupe de Brooklyn TVOD sur la scène Grall, le détour par la Guinguette, nouveau lieu convivial où se poser. Ou encore les traversées du champ quand le public d’une seule voix chante par cœur et avec entrain les paroles de Vanessa Paradis ou d’Orelsan.
Il faisait beau et pas trop chaud, les nuits étaient étoilées, les strapontins et les familles de sortie. On peut ranger tranquille les Charrues (clin d’œil au groupe Ne rangez pas les jardins Label Charrues 2026) pour mieux les ressortir l’année prochaine.

Xavier Rudd
Bernadette BOURVON
Photos Jacqueline LEDOUX











