Avant même de démarrer le Fest, un petit mot sur le trajet SNCF que bon nombre de festivaliers ont dû utiliser. Parce que le Hellfest, ça commence toujours bien avant Clisson — ça commence sur un quai Paris/Nantes et un tableau d’affichage qui affiche « perturbations ». Pas de chance, que ce soit mercredi et jeudi, les trains de marchandises en panne sur les voies ont causé bien des tracas au personnel de la SNCF et aux usagers. Pas évident en ces jours de forte affluence et de canicule ! Mais ce n’est pas si grave, le personnel a gardé le sourire et a aidé autant que possible et, malgré un peu (beaucoup) de retard, on arrive à destination : Clisson.

Clisson, jeudi midi. Le Leclerc est étonnamment calme, peu de monde dans les rayons. Sauf que dehors, le thermomètre est en train de frôler des sommets qu’on préférerait ne pas connaître. La canicule s’est invitée au festival, et elle n’a pas de billet. On démarre donc notre live report avec notre première remarque sur le site : notre traditionnel point pelouse ! On sent qu’elle a été entretenue avec soin par des jardiniers qui ont dû bosser comme des fous, mais malheureusement elle affiche déjà des reflets jaunes qui inquiètent. On vous tiendra informés de son évolution ! Et ce n’est pas l’apanage du bocage nantais : la Bretagne, comme toute la France, fait face à une vague de chaleur intense (ils annoncent 41°… lundi juste après le festival… ouf).

 

Première nouveauté qui interpelle à l’arrivée : la nouvelle statue d’Ozzy Osbourne trône désormais dans le paysage de Clisson. Un hommage au Prince des Ténèbres, forcément émouvant. On s’arrête, on regarde, on acquiesce. Plus tard dans la soirée, il y aura même un hommage et un feu d’artifice.

Direction le Sanctuary pour le merch — foule massive, toujours la même histoire. Les Hellcare, eux, sont déjà à pied d’œuvre partout sur le site. Le combo canicule + alcool + foule dense, ça ne pardonne pas, et ces héros discrets et indispensables ont fort à faire dès le début d’après-midi.

 

 

Deep Purple : les dieux ont encore la forme

Le soleil commence à se coucher — enfin — et le thermomètre avec lui, quand Deep Purple investit la Mainstage. Le groupe légendaire déroule sa setlist avec une rigueur et une précision qui en remontreraient à des formations bien plus jeunes. Guitare, orgue, tout est en place, et dès Highway Star en ouverture, le ton est donné : on ne vient pas faire du tourisme.

Le set puise dans les classiques — Hard Lovin’ Man, Into the Fire, Space Truckin’ — avec une place de choix pour Lazy, introduit par une longue intro de clavier étendue qui prend son temps, et c’est très bien comme ça.

Le set réserve deux moments particulièrement forts : un riff de Mr. Crowley glissé en hommage à Ozzy — raccord parfait avec la nouvelle statue inaugurée dans la journée — et un bout de Marseillaise bien senti que le public reprend avec fougue (déjà bien chauffé par le début de la Coupe du Monde de foot).

21h00, Smoke on the Water qui enflamme le public. Classique absolu pour clore un set classique absolu.

 

Alice Cooper : bienvenue dans le cabinet des horreurs

On reste dans les vieux de la vieille et on en profite pour glisser quelques mots sur Alice Cooper qui investit l’autre Mainstage un peu plus tard dans la soirée avec tout son théâtre du bizarre. Le Gouverneur de l’Arizona n’a rien perdu de sa capacité à transformer un concert en spectacle total. Le Hellfest n’oublie pas les légendes qui ont fait briller le metal.

Papa Roach et l’enfant du metal

Papa Roach débarque en Mainstage et démarre sur Even If It Kills Me avant de dérouler un set solide et varié qui fait défiler une bonne partie de leur discographie : Blood Brothers, Getting Away With Murder, Scars qui provoque comme toujours une communion collective dans le public. On notera une reprise de California Love de 2Pac — moment inattendu et pleinement assumé — et un Help qui tranche avec l’énergie brute du reste du set.

Mais le climax, c’est le Neo Metal Time Machine Medley en fin de set : Blind de Korn, My Own Summer des Deftones, Break Stuff de Limp Bizkit, Chop Suey de System of a Down — un tour d’horizon des années 2000 qui enchante les festivaliers. Tout ça avant le final sur Last Resort, imparable. On a grandi sur la vague néo-metal de la fin des années 90 et c’est avec émotion qu’on voit le retour en force d’un genre qui a toujours divisé la sphère metal (pour rester poli) et que, de notre côté, on adore !

Le moment le plus fort de la soirée, c’est quand un enfant entre sur scène pour partager la vedette. « Thank God the kid loves heavy metal… love you son and your brother, thank you for being on the tour with us. » Il signera ensuite une guitare pour un autre enfant. C’est ça aussi le Hellfest : des moments humains au milieu du bruit et de la fureur, et la conquête de la future génération.

23h35 : le ciel de Clisson s’embrase

Le feu d’artifice marque un moment unique, en hommage à feu Ozzy, qui nous a quittés le 22 juillet 2025.

Bring Me The Horizon : le bulldozer et le fantôme

Bring Me the Horizon déroule une setlist ambitieuse en Mainstage, entre DarkSide, MANTRA, Happy Song et un Teardrops qui glisse un snippet de Pray for Plagues dans son breakdown — de quoi faire plaisir aux fans de la première heure. Shadow Moses, Kool-Aid, Can You Feel My Heart… le set est rodé, massif, et les interludes scénarisés (Press Start, Project Angel Dust) donnent à l’ensemble une cohérence de show plutôt que de simple concert.

Mais le grand moment, c’est Antivist — et l’apparition d’un « fan » qui monte de la fosse pour s’emparer du micro. Un fan qui se révèle être Will Ramos, le chanteur de Lorna Shore, venu incognito dans le public. On s’y attendait un peu… l’ayant vu au coin VIP un peu plus tôt, un gars super cool qui a pris le temps de discuter avec les fans (mais qui refuse les photos).

Pas le temps de finir le set que des riffs et une ambiance de dingue nous attirent du côté de l’Altar.

Igorrr : l’Altar déborde

Sous la tente de la fureur — et même autour, parce que ça débordait largement côté Temple — Igorrr apporte tout son univers imprévisible et déroutant. L’Altar est plein à craquer, l’ambiance étouffante, et la setlist nous transporte dans un univers unique : metal, baroque, électronique, breakcore — tout coexiste, tout percute, et c’est notre première découverte du festival (malgré le fait que le groupe ait déjà une réputation bien assise) et on ressort lessivés de notre première journée au Hellfest.

Rendez-vous demain pour la suite.

OlivDuff & LudoG

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