Nos élus ouvrent rarement un livre d’histoire. Grande est donc l’erreur du président Macron de confondre trop aisément les Français avec des Gaulois et, par là-même d’engager un imbroglio entre l’idée que l’on a des Gaulois et celle, indissociable, des Celtes. Or, si tous les Gaulois sont Celtes, tous les Celtes ne sont pas Gaulois. Explication.
Au IVe siècle avant notre ère, les Celtes occupent une grande partie du continent. Venus du cœur de l’Europe, ils migrent petit à petit au bout du bout de la péninsule, jusqu’à ce que l’Atlantique les arrête. Ces mêmes Celtes sont nommés Galate dans la littérature grecque. En latin, Galate devint Galli, puis se transforma en « Gaulois ». Les Romains, quant à eux, choisirent d’appeler « Gaule » l’espace qu’ils venaient de conquérir à ces mêmes Gaulois.
Nos chers Gaulois remis sur le devant de l’actualité par une piètre allusion présidentielle, furent cependant très vite élagués de l’histoire au bénéfice des Romains à qui nous devons notre latinisme, mais aussi le traçage de nos routes, le nom et l’emplacement de nombreuses villes, notre goût du vin en remplacement de celui de la cervoise, etc. Ce qui fit dire aux penseurs des Lumières que ces pauvres Gaulois eurent de la chance d’être vaincus par César grâce auquel ils furent civilisés. Mais la référence aux Gaulois suivis des Romains, ne doit en rien faire oublier celle relative aux Francs de la Grande Invasion qui suivit. Cette fois, il y a du Germain dans l’affaire. Nous avons donc respectivement : Vercingétorix le Gaulois, César le Romain, puis Clovis le Franc.
Et le Breton dans tout ça ? Comme leur nom l’indique, les Bretons sont des Celtes « réimportés » en Armorique par leurs ancêtres d’Outre-manche fuyant les brutes anglo-saxonnes envahissant la Bretagne qui deviendra la Grande Bretagne actuelle. Ces « nouveaux » celtes lutteront bec et ongles contre les invasion romaines et françaises. Mais c’est une autre histoire. Celle que monsieur Macron et aucun autre politique n’évoque… Celle des frontières nantaises de la Bretagne… Celle du régionalisme… Un jour, à force d’être pris pour de la chair à voter, les électeurs s’en rendent compte et se vengent. Question de temps. Il est peut-être là l’esprit gaulois des Bretons.
Jérôme ENEZ-VRIAD











