Réparer les vivants de Maylis de Kerangal HermineHermineHermine

« Réparer les vivants » est un hymne à la vie, au-delà de la mort. A travers ce roman parfaitement orchestré, Maylis de Kerangal nous livre une plongée dans une aventure humaine, celle de la transplantation cardiaque. Une plongée fantastique dans un bloc chirurgical où se joue la vie des uns et des autres, où les uns ne peuvent compter que sur les autres, où nous sommes un tout.

Réparer les vivants de Maylis de KerangalNote : 3 sur 5

Le roman s’ouvre sur une session de surf. Les « big waves hunters », Simon Limbres et ses deux copains, sont arrivés dès l’aube pour « une session à mi-marée comme on en compte deux ou trois fois dans l’année »! Soudain, propulsés par la vague géante, nous surfons nous aussi sur la brillance de la vie. Le corps en expansion, aussi vaste que l’étendue d’eau sous nos pieds, nous glissons sur « cette onde venue du fond de l’océan, archaïque et parfaite, la beauté en personne »….des « Kings » !
Maylis de Kerangal a l’art de cueillir le lecteur et de l’emporter, de le rouler, de le transporter au-delà de lui-même dans des zones magnifiques pour mieux l’établir ensuite dans les zones dangereuses, frontalières de la mort dont elle veut nous parler.

La cassure, c’est l’accident.

Que reste-t-il du magnifique Simon Limbres ? Son cerveau ne répond plus mais son cœur, lui, garde encore toutes ses couleurs quand sa mère accourt pour le voir à l’hôpital. …..Il reste son cœur qu’il va donner à une autre. Alors commence un ballet étrange et frénétique, autour du corps de Simon. Le corps médical  arrive de toutes parts pour ce cérémonial.

Une galerie de portraits parallèles s’enclenche…

Thomas Révol, le médecin à qui revient la rude tâche de demander les organes de Simon et qui puise au fond de lui-même les ressources pour le faire.

La radieuse infirmière Cordélia Owl, folle amoureuse, vient de passer une nuit blanche mais sait trouver les paroles réconfortantes et douces dont elle enveloppe Simon Thomas Rémige, infirmier du bloc dont la voix d’opéra s’élève, protectrice, au-dessus du lit de Simon.

Et lorsqu’ils sont tous réunis et prêts, « Le thorax devient alors ce lieu d’affrontement rituel où chirurgiens cardiaques et thoraciques bataillent… » Quelques heures plus tard, dans une autre ville, le même rituel se met en place. Le grand chirurgien, Harfang, reconnaissable à sa mèche blanche en épi sur le front, prend le relai et effectue la transplantation : « D’ailleurs le voilà qui débarque, l’air de démarrer une course »

Le grand cérémonial de la Viequi se transmet, qui redémarre.

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal aux éditions Verticales

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