Yves Mistral, par monts et par vents. Ce titre rappelle des auteurs d’un siècle en arrière mais ce serait se tromper que de ne pas donner suite car c’est un livre qui par son écriture simple et nerveuse attire.

Un premier chapitre choc d’une bataille dans les airs lors de la dernière grande guerre où se devine la perte d’un des siens. Une enfance orpheline. Un instituteur, le père Aubin, et ses récits d’ailleurs. Avec lui, c’est déjà partir, vers le nord vers le sud qu’importe. Un oncle acariâtre et brutal. Une ferme au pied du Mont Ventoux et ses presque 2000 mètres, le même qui a fait rêver de tant de récits imaginaires. Ce Mont Ventoux blanchi de pierriers et percé de drailles sera sa première expédition adolescente. 3 jours d’absence où il perdra, pour avoir laissé seul Béco, son cousin muet de naissance, l’amour de Chiara. Le Ventoux et ses vents noirs capables d’emporter tout sur leur passage.

En lisant Pierre Roussel, nous adoptons la foulée d’Yves ou d’Yvo, toujours plus loin sur la Jeanne d’Arc. Pérou, Chili, Patagonie, puis l’Afrique, puis Istanbul avant de quitter les eaux méditerranéennes pour Brest. Et aussitôt retrouver les Alpes. Escalades, ascensions, là le regard et les pas cherchent la vie toujours plus haut. Comment après les sommets ne pas reprendre la mer dans cette envie encore de repartir plus loin. La Polynésie, l’Australie. En yacht à voile ou vraquier. Jamais pour longtemps. Avec en tête, ce fameux Cerro Torre, versant sud-est, une aiguille de granit, la plus inaccessible au monde, au fin fond de l’Argentine. Plus tard et dans des circonstances tout à fait différentes, le Shishapangma, un géant tibétain à 8013 mètres.

Yves, Yvo, un homme qui cherche à devenir ce qu’il est. En retrouvant pour un temps trop court, Chiara ? En découvrant dans l’avion disparu, un corps à quatre-vingt-cinq mètres de profondeur dans les eaux au large du port des Goudes ? Un récit au ton juste qui n’a rien du simple carnet de voyages.

Jean Louis COATRIEUX

Yves Mistral, par monts et par vents, de Pierre Roussel aux éditions du Roulis, juillet 2026, 314 pages, 10€.

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