Le début de l’ouvrage cache bien ses intentions. Tout démarre par une série de citations plus ou moins longues contées par les amis d’enfances, les musiciens de longues dates et les copains de fac de médecine ayant partagé une saison ou plusieurs décades avec le guitariste de Marquis de Sade. Manque peut-être – comme toujours – la facette politique de sa vie avec des amis ayant œuvrés pour une Bretagne indépendante. Sujet clivant, et mal vu, le partage est encore et toujours compliqué. Alors qu’en période d’élection présidentielle, le propos aurait pu être d’une modernité absolue et d’une originalité remarquable. Passons. Pour les plus connus, on croise donc la route d’Etienne Daho, Pascal Obispo et Arnold Turboust. Et tant d’autres également présents sur le disque hommage « Da viken« .
Pourtant, ces partages d’émotions sont bien peu de choses par rapport aux écrits de Frank Darcel lui-même. Il était écrivain (ne l’oublions pas), et ses « mémoires » d’un jour et souvent d’une nuit nous font revivre un homme à l’amitié entière et aux voyages partagés. De Lisbonne à New York en passant par le Danemark, il livre des flashs de certitudes écrits au fil des années. On le suit au grès de ses rencontres parfois involontaires et presque toujours enivrées. C’est dingue comme l’alcool coulait à flot dans ces moments-là.
Le livre va donc au-delà d’une biographie attendue (et c’est loin d’être le cas), mais livre quelques secrets d’un homme que l’on aimait suivre et quelque fois quitter pour mieux le retrouver.
Hervé DEVALLAN
« Frank Darcel à chaque coin de la nuit » aux éditions Séguier – 232 pages – 21€











