C’est parti pour un samedi qui s’annonçait comme « la grosse journée », mais il y a eu quelques annulations de dernière minute : Volbeat, Tom Morello, et Cavalera.

Le thermomètre annonce 5 degrés de plus qu’hier, et malheureusement, la légère brise salvatrice d’hier est beaucoup moins présente aujourd’hui. Sur le site, la pelouse est en train de vivre ses dernières heures — en fait, la pelouse du Hellfest, c’est un peu comme une œuvre éphémère, une statue de glace vouée à disparaître en quelques jours.

Petit tour au Metal Corner, où le merchandising affiche des sommets : c’est le grand écart au niveau des prix des t-shirts, de 25€ à 40€ selon les stands… pire encore à côté du Temple, où le merch officiel des groupes affiche un ticket d’entrée à 50€, jusqu’à 75€ pour le manches longues de Bring Me The Horizon.

14h40, Gatecreeper en Mainstage nous balance son death metal bourré de riffs bulldozer. Malgré la chaleur, le groupe joue avec des effets pyrotechniques à gogo. À cette heure-ci, et peut-être à cause des fortes chaleurs, les Mainstages sont accessibles facilement jusqu’aux dalles (pour celles et ceux qui connaissent). Circle pit après circle pit, le groupe chauffe au fer rouge (à coups de soleil) les amateurs présents.

15h20, au Temple, ce sont les Ukrainiens de 1914 qui plantent le décor. Double pédale à gogo, passage obligé au mur d’eau en amont pour tenir sous la chaleur de la tente. Le groupe glissera quelques mots sur la guerre et remerciera la France pour son soutien.

 

16h10, Crisix en Mainstage, après leur passage surprise il y a quelques années où, suite à l’annulation d’Incubus, le festival leur avait proposé le créneau en Mainstage. Les Barcelonais reviennent donc, cette fois pour un créneau programmé de longue date ! Vamos ! Le groupe balance un thrash core efficace et tout en sourire. Crisix en profite pour rejoindre la « Tree Army » de Savage Lands : « estamos plantando arboles en España! »

Oh, oh, en parlant de végétation, le ciel semble se couvrir… c’est plutôt une bonne chose, mais y aurait-il un risque d’orage ? Sur scène, c’est de la quasi machina espagnole que nous propose Crisix, un moment vite suivi par la descente dans la fosse du guitariste, en plein milieu du circle pit — ça, c’est badass.

On continue en Mainstage avec les Toulousains de Sidilarsen, vêtus d’un maillot du Stade Toulousain pour célébrer la qualification en finale du Top 14 après avoir écrasé le Racing 71-17. Le groupe portera haut et fort ses messages de tolérance et de lutte contre la violence notamment faites aux femmes. Il y a du monde pour assister à l’un des représentants du metal made in France, dont le mélange metal/electro/indu fédère le public.

Finalement, pas d’orage ni de pluie, mais en Mainstage on continue sur la scène française avec Enhancer. Cocorico, la France à l’honneur et les mainstages sont pleines! Le groupe donne toute son énergie pendant le set, rejoint sur scène par Joey Starr (on l’avait pas vu venir…) et le chanteur Mark Maggiori de Pleymo.

On reste en Mainstage et c’est l’arrivé du 1er big 4 de la journée avec Anthrax. Une setlist calibrée et intemporel comme toujours — à noter la reprise d’Antisocial de Trust, alors que le soleil commence à se coucher. Le groupe jouera également un nouveau titre « It’s for the Kids« , excellent nouveau titre qui montre que même après 40 ans de carrière ils en ont sous le pied. On aura réussi à survivre à cette journée particulièrement chaude, mais c’est demain qu’on frôlera les 40 degrés… une vraie épreuve qui s’annonce.

On bascule d’ambiance avec A Perfect Circle, qui nous délivre son metal alternatif posé, devant un public toujours vaillant. Le son est de toute beauté et Maynard James Keenan, calé sur son estrade tel un chef d’orchestre, livre une prestation vocale magnifique. C’est posé, planant, avec quelques explosions de guitares, idéal pour reprendre de l’énergie avant l’avalanche de riffs qui va succéder.

 

21h50, sans transition — c’est peu dire — on enchaîne avec les riffs affûtés de Megadeth, le 2ème big 4 de la journée. Dave s’est rasé la barbe, toujours en chemise blanche, mais c’est la voix qui est un ton en dessous (avec le jeu de mots qui va bien). Chose étonnante, Dave ne fait quasiment plus les solos lui-même. C’est Teemu Mäntysaari qui s’occupe de tout ça et le guitariste de Wintersun est exemplaire, d’une précision chirurgicale. Dave annonce le prochain titre en français : « je m’en fous, c’est ça ? Je m’en fous… I don’t care! », extrait du dernier album qui sera mis à l’honneur avec 3 titres. On aura également droit aux classiques avec Hangar 18, un À Tout le Monde repris en chœur par le public, Sweating Bullets, Symphony of Destruction, Peace Sells« You’ve been great, and we’ve been Megadeth. » La tournée d’adieux du groupe (mais combien de temps va durer cette tournée?), donc c’est avec émotion que nous les quittons.

 

23h10, on attend le gros morceau du soir… et on va prendre une claque qu’on n’avait (presque) pas vu venir (comme la moumoute de Fred Durst). Ça démarre par un medley Megadeth/Metallica, puis la reprise de Faith. Fred Durst a la voix bien posée, et il va assurer tout au long du concert dans sa « time machine ». Niveau scénographie, c’est assez spécial : ça démarre avec un timer qui affiche une photo bien « cadrée » d’une mère avec son enfant sur elle (rires dans le public), et quelques memes bien sentis comme « When Metallica hear Limp Bizkit », ou « Tom Cruise loves Limp Bizkit ».

Le groupe a fait le choix d’afficher les paroles à l’écran, même si le public, en masse, n’en a finalement pas vraiment besoin pour reprendre tous les titres par cœur. En parlant du public, ce sera une déferlante de crowd surfers tout au long du set, rarement vu ça. Tous leurs hits y passeront : My Way (« this is your song, not mine »), Boiler, My Generation… bref, un set tout en maîtrise, en puissance, parfaitement exécuté. Merci messieurs, on s’est régalé.

A peine le concert des biscuits mous terminé que la Mainstage 2 s’enflamme et explose de violence avec l’arrivé des black metaleux de Behemoth. Les festivaliers venus pour le Bizkit et la partie « plus soft » de la programmation sont donc exposés au metal satanique des Polonnais mené par un Nergal déchainé. La scénographie, l’énergie incroyable déployée par le groupe et une setlist aux petits oignons conquièrent rapidement le public et il y aura finalement beaucoup de monde à cette heure tardive. C’est cool pour le groupe.

On en profite pour saluer nos amis de TRexSound avec qui nous passons un super festival.

OlivDuff & LudoG

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Articles similaires

Autres articles de la catégorie Festival