Il est des disques qui marquent. Que ce soit l’auditeur ou la carrière de l’artiste. Ici, si la nuit sourde des sillons de son album (« Un noz a vo » ou en français, « une nuit viendra »), c’est pour mieux en faire jaillir une lumière onirique, qui donne au bleu nuit, des couleurs d’enchantement. Après des débuts métal progressistes, l’artiste se tourne vers la folk avec son disque « Vel ma vin ». Aujourd’hui, le breton sublime cet alliage folk progressif en le couvrant de mélodies envoûtantes, (un ou deux titres sont mêmes des tubes en puissance !) d’arrangements à faire pâlir des virtuoses de musique pop. Le tout en breton, car notre briochin ne se renie pas. Non, à aucun moment. Il poursuit sa ligne directrice quitte à se couper des bien-pensants jacobins et toujours bons républicains. Qu’importe, la beauté n’a pas de chapelle. « Un noz a vo » nous entraîne vers un monde romantique qui aurait été inventé pour être sublimé en breton. Et n’allez pas croire que l’univers de Brieg Guerveno est hermétique aux béotiens. Pour preuve – en est-il besoin ? – l’album a été enregistré au Pays Basque. Ne soyons pas étonné de découvrir le titre d’une chanson en basque : « Gau bat izanen ba » (« Est-ce que ce sera une nuit ») bel et bien interprété en breton. Bref, notre homme autorise l’effacement de toutes les frontières et cet opus est un vrai passeport vers une liberté retrouvée destinée à tous ceux qui veulent marier Sigur Ros et Nick Drake.
Hervé DEVALLAN
Brieg Guerveno « Un noz a vo » (ZRP)
Sur scène :
Le 14 mai à Sant Brieg (Bonjour Minuit)
Le 31 mai à Pondy (Showcase au Leclerc)
Le 5 juillet à Kemperle (GBB Festival)
Puis au Festival Interceltique de Lorient…












