Soà, le silence de mes cris HermineHermineHermineHermine

La Bretagne est à nouveau l’objet de tous les décors. Cette fois, c’est l’île Molène qui est au cœur de l’histoire mitonnée par Gérard Cousseau et très justement mise en image par Shinja.

Prédestinée à récolter le bezin (goémon) comme plusieurs générations avant elle, la jeune Soà est identifié comme surdouée par le curé de la paroisse. Pourtant sourde et muette, elle gagne le continent en 1886. Commence alors une histoire qui l’éloigne de son île natale pour mieux servir le droit des femmes. Devenue psychiatre, elle s’engage comme infirmière durant la première guerre mondiale. D’un handicape l’autre, la guerre la voir revenir infirme au pays.
Grâce aux splendides réalisations graphiques de Shinja dont c’est la première BD, ce roman illustré prend une dimension presque onirique, défendant la cause des femmes, mais aussi des handicapés et de la condition paysanne sans que cela vire au militantisme. On suit la volonté de la jeune femme au gré de ses rencontres, de ses amours et de la stupidité des Hommes.
Soà est une BD à fleur de peau où le voyage dans le temps s’imagine facilement en langue bretonne. A quand une traduction pour la rendre encore plus authentique ? On parlait breton à Molène à cette époque, non ? A moins que le silence passager de l’héroïne soit une allégorie à la disparition de notre langue… dont la résilience signe son renouveau !

Hervé DEVALLAN

Soà, le silence de mes cris. Scénario : Gérard Cousseau, dessins : Shinja. Éditions Grand Angle, 80 pages, 17.90€.

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