Et si Lampedusa était en Bretagne… Si l’actualité migratoire relevait non plus de l’archipel des Pélages mais des îles du Ponant… Traiterions-nous l’évènement comme une banale information, ou, à l’inverse, telle une déclaration de guerre ?

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.
Constantinople appelle à l’aide
Nous sommes en l’an de grâce 1453. L’empire romain d’Orient, avec Constantinople pour capitale, bascule sous le joug du sultanat ottoman qui a vaincu les Chrétiens sur leur propre terre malgré quantité d’appels au secours. En effet, depuis la fin du XIVe siècle, les autorités byzantines recherchent tant bien que mal l’aide occidentale pour lutter contre l’ennemi turque, mais leurs nombreux signaux de détresse sont chaque fois restés lettre morte. La plupart des souverains d’Europe ont d’autres impératifs que de repousser les lignes adverses ; même les États de la péninsule italienne directement concernés semblent avoir des priorités en mesure desquelles la lutte contre l’envahisseur paraît secondaire. Certes, Venise est embarrassée, certains dignitaires locaux aiment toutefois à penser que la chute de Constantinople améliorerait la stabilité de la région, ce qui pourrait être bénéfique au commerce ; quant à la papauté, elle souhaite effectivement juguler la progression des forces musulmanes en Europe, hélas ! l’église reste formelle car bien des divergences dogmatiques persistent entre Chrétiens. Et…
… De mal en pis, après sept semaines de combats sanglants, ce qui devait arriver arriva : conformément à la tradition islamique, les Ottomans envoient une offre de reddition aux Chrétiens qui la refusent. Mal leur en pris. Constantinople sera pillée… Ses habitants massacrés… La noblesse décapitée… Les églises détruites… La chute de l’Empire byzantin entre dans l’Histoire comme le déclin irrémissible des Chrétiens d’Orient. Les Musulmans initient un processus de destruction systématique des forces s’opposant à leur avancée. Faute de véritable alliance et d’un réel courage tari par une lâcheté sans nom, l’Europe s’accommode tant bien que mal de cette nouvelle domination. Seule la Russie tente de sauver l’héritage byzantin. Derniers Orthodoxes à ne pas subir l’emprise ottomane, les Russes se considèrent comme héritiers des Romains et les seuls Chrétiens dignes de ce nom. Voilà pour l’histoire. Chacun peut y discerner (ou pas) quelques similitudes avec le présent.
Hier… Aujourd’hui… Demain…
Dec’h… Hiziv… Warc’hoazh
Quid des Chrétiens de Constantinople après l’invasion ottomane ? Ceux qui le pouvaient ont fui… Les plus courageux sont entrés en résistance… Les autres ont collaboré… La principale leçon d’un tel fiasco impose le constat suivant : l’évidence ne frappe jamais nos décideurs en temps réel. Politiciens et économistes ne se soucient guère de leurs électeurs et les décisions prises sont généralement à l’avantage des chapelles politiciennes ou/et des conseils d’administration. Qu’importe si aujourd’hui l’Europe s’embourbe dans une dynamique migratoire mortifère pour peu que les cadors atteignent aux buts qu’ils espèrent. C’est néanmoins faire l’impasse sur une évidence mathématique : d’ici une vingtaine d’années, lorsque s’amorcera le basculement démographique tant espéré par quelques-uns, les deux tiers de la population continentale inférieure à 50 ans seront d’origine extra européenne. Alea jacta est.
L’immigration affecte l’essence même d’un pays, à commencer par ses modes de scrutin… ses modèles sociétaux… son harmonie sociale… les décisions en mesure d’être prises… etc. De fait, les changements démographiques imposés au peuple nourrissent le rejet : celui de l’autre, de sa différence, le rejet par refus du vivre ensemble, peut-être même peut-on y voir un peu de racisme au sens dérivatif, c’est à dire une hostilité envers un groupe d’humains sans qu’il soit nécessairement tenu compte de leurs origines. Tout cela se résume en deux mot : la peur. Elle prend l’allure du repli instinctif qui mène à fuir en direction de là où l’« autre » n’est pas. C’est ainsi que les insulaires de Lampedusa abandonnent une partie de leur île autant qu’ils sont contraints de le faire, puisque le paradis d’hier, celui où ils ont choisi de vivre, leur est désormais interdit compte tenu de la promiscuité que Rome leur impose résultant des promesses électorales mensongères de Georgia Meloni.
Souvenons-nous du jour où, sous la pression de ses administrés, le maire de Callac (22) fut contraint de dénoncer l’installation d’un centre d’accueil pour migrants. Ce n’est hélas pas toujours le cas lorsqu’une municipalité (souvent de gauche) annonce que tel quartier manque de « diversité » au détriment d’un pluralisme africain… Oui, cher administrés, nous allons construire avec vos impôts un ensemble de logements où la mixité saura ne pas rougir d’un mondialisme économique de rigueur et, bien entendu, vous n’aurez rien à dire ni le choix de refuser… En conséquence, ceux qui sont là depuis des générations, ceux qui ont « fait » l’endroit, les « familles endogènes » s’interrogent : partir ou rester ? Leur abstinence dans les urnes faute d’être véritablement entendus se transpose par le biais d’une valise puis d’une porte close fermée à double tours : ils s’en vont.
Mieux lire pour ouvrir les yeux
Si Lampedusa était en Bretagne, pourquoi diable les immigrés y accosteraient-ils comme bon leur semble, et pourquoi devrions-nous considérer de facto que « ces gens » ont le privilège de submersion sans qu’il existe une force opposante à mettre à place ? Les peuplades, tribus, smalas, ethnies et autres nationalités, bref, l’Afrique se bouscule à nos portes. Mais chut ! Surtout ne rien dire. Comme si l’évidence était écrite avant même d’exister. Les Bretons n’aspirent en rien à devenir des Singes de la sagesse : celui qui refuse d’entendre… celui qui ferme les yeux… et celui qui ne dit mot une main en protection sur la bouche. Tant s’en faut. Nombreux sont d’ailleurs les pays à réagir. L’Autriche…. le Danemark… la Hongrie… la Pologne…et, à n’en pas douter, quelques autres rejoindront bientôt le mouvement au forma d’une Reconquista. L’hypothèse est qu’une lutte sournoise mais efficace s’engage en s’inspirant de l’Histoire.
Pour le moment les consciences paraissent tranquilles. Le grand vainqueur est l’insouciance. Certains dirigeants s’inquiètent davantage de savoir si la dette de leur pays répond aux exigences bruxelloises. Combien coûte variablement l’immigration ?… Est-ce une richesse ?… Vais-je être réélu ?… Dans le doute, ils font comme si les frontières étaient ouvertes et c’est tout comme puisqu’elles ne sont plus gardées. Quelques voix dissonantes évoquent toutefois un célèbre roman de Jean Raspail, Le Camp des Saints, paru en 1973, il a y tout juste cinquante ans. Cette œuvre a minima visionnaire ne doit pas faire oublier un autre texte écrit une vingtaine d’année plus tard par le même Jean Raspail. Son titre tient en quatre lettre : SIRE. Il s’agit d’une « épopée monarchique » qui semble donner suite au Camp des Saints comme un reflet répond à son image dans le miroir. Ce livre sera-t-il lui aussi prophétique ? Donnons plus que jamais aux jeunes le conseil de lire afin de mieux ouvrir les yeux.
Jérôme ENEZ-VRIAD
© 28 septembre 2023 – Bretagne Actuelle & J.E.-V. Publishing











