Haïti a depuis longtemps une voix : Moonlight Benjamin. En réactivant son projet solo, la chanteuse offre aux esprits vaudou une bande son très 70’s.
C’est le premier mot qui vient à l’esprit pour qualifier le rock de Moonlight Benjamin : chamanique. Une sorte de rencontre magique entre le vaudou et le blues psychédélique des années 70. Un blues aux guitares saturées de Mathis Pascaud qui se doivent d’être à la hauteur de la voix puissante et furieuse de la chanteuse Haïtienne. Loin de ses projets jazz avec Jacques Schwarz-Bart ou afro-haïtienne sur fond de rythmes traditionnels du Togo, du Bénin et d’Haïti, Moonlight Benjamin conserve cet esprit trans en hissant ses mélopées vers le continent nord américain et en les métissant d’une blancheur spectrale. Au fil des morceaux, on s’enfonce dans les profondeurs d’un marais dont on s’étonne de revenir vivant. Vivant, mais pas intact. La musique a touché au but et les esprits vaudous sont parvenus à leur fin : nous sommes envoûté par cette artiste installée à Toulouse depuis une quinzaine d’années. Comme l’esprit celte arrive à souffler sur certains de nos hymnes traditionnels, c’est l’âme de tout un peuple qui est ici mis en mouvement et réinventé. Même sur les titres en français, on reste admiratif.
Guillaume du Porzou
Moonlight Benjamin « Siltane » (Ma Case Prod / Takam ) – 4/5











