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L’amour qui préfèrerait ne pas

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La vie princière L’infini de Marc Pautrel chez Gallimard, 80 pages, 10€50 Note : 4/5HermineHermineHermineHermine
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Ne pas commenter les nombreux commentaires auto-satisfaits de la presse littéraire. Marc Pautrel est à lire et ce n’est pas par la seule grâce d’on n’est pas couché sauf que si. Son dernier livre est édité puis réédité et encore à rééditer, bel et bien grâce à l’oracle médiatique du samedi ! Qu’en dire ? Être triste ou désabusé, être circonspect ou critique, comment ne pas ! Être heureux pour Marc Pautrel !

Dire seulement, essentiellement, du livre qui se livre. Du livre lu. De la plus belle histoire d’amour qui soit. D’une apnée douce qui dure soixante-sept pages, nous les fait tourner autant avec le doigt qu’avec le souffle. Que se passera-t-il à la suivante ? Et à la suivante… Le suspense est doux mais dure soixante-six pages ! Il ne se passe tellement rien au bout du conte qu’il nous reste entre les lèvres, en bouche, le goût du livre, son air, sa pulsation. La langue pautrelienne n’est pas née de ce livre. Elle a déjà sept ou huit livres en petit format sous le coude et l’aisselle. C’est une expérience, l’écriture. Pautrel écrit et encore écrit, rate, perd « comme un explorateur qui partirait très loin mais dans toutes les dimensions, sur des chemins qui ne mènent nulle part. Et puis, en ouvrant toutes les portes, il y en a une qui ouvre sur le soleil ». La vie princière en tient, est solaire. Marc Pautrel est bordelais, il va enfin sortir du RSA des écrivains de peu et du prestigieux anonymat d’une édition enviée, L’infini chez Gallimard, que dirige Sollers.
Le roman évoque un séminaire de travail dans un lieu avec allées et vallonnements consacré aux séminaires. Des rencontres intellectuelles s’y déroulent, savantes et pointues, d’autres rencontres se jouent dans d’autres dimensions. On aime le dire aussi banalement car rien du livre ne l’est, surtout ce qu’il ne s’y passe pas. Bartleby guette mais soudain c’est l’amour qui ne le transforme pas. I would prefer not to !
Oui le coup médiatique a été fort, puissance de tir et tour de magie, mais le livre qu’on lit aujourd’hui est à recommander par le bouche à oreilles et par le goût de ceux que La vie princière a passionnément passionné.


Gilles Cervera
publié le 02-05-2018

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