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Scène & arts

Juillet 1979 : le rêve d’une bande de copains devient le festival Elixir

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juillet-1979-le-reve-d-une-bande-de-copains-devient-le-festival-elixir « Elixir, l'histoire du premier grand festival français », le 18 décembre sur France 3 Bretagne Gérard Pont-Olivier Pollard Elixir (Coop Breizh)

Interview de Gérard Pont :
http://www.bretagne-actuelle.com/gerard-

C’est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent connaître, mais peut-être comprendre s’ils ont beaucoup d’imagination. Une époque révolue où il n’y avait aucun festival de musique l’été, aujourd’hui on approche les 300, ni internet bien évidemment. Ce qui n’empêcha pas une bande de copains d’avoir une idée complètement farfelue, faire venir des groupes au fin fond de la Bretagne sur deux jours. Le festival Elixir est né. 

C’est le démarrage de ce documentaire consacré à l’histoire du premier grand festival français, presque une utopie d’enfants de Woodstock comme ils se décrivent. L’envie de copier les anglais et leur rassemblement folk de Cambridge : Si eux y arrivent pourquoi pas nous ?


L’histoire est dés le début accrocheuse, parce que les protagonistes osent avouer qu’ils n’étaient que des amateurs, sans aucun contact, loin de la capitale et de son business souvent perfide. Ils iront par exemple directement frapper à la porte du domicile londonien de Murray Head pour le convaincre de participer. C’est lui qui le raconte dans ce film. Oui, décidément une autre époque, sans agent ni manager.


Fait d’huile de coude et de beaucoup de débrouillardise, le premier rendez-vous à lieu à Irvillac, à l’affiche John Martyn, Bert Jansch et Dan Ar Braz. La scène est fait maison, avec des bouts de planches a-t-on presque envie de préciser, et le bar, constitué de caisses de patates retournées. 15.000 personnes débarqueront malgré l’isolement complet de la région, il n’y a pas d’autoroute et l’affichage de l’événement n’a pas du dépasser Roazhon. Les médias n’y croient d’ailleurs pas trop, on parle ici de Ouest France ou du Télégramme de Brest, pas de Libération ou du Figaro qui ne savent même pas de quoi on parle. Mais au vu du succès, de cette première édition de la mi-juillet 1979, décision est prise d’une suite, d’un autre festival en 1980.


Problème, les chevelus et autres barbus néo hippies n’ont pas du tout séduit la population locale. Boiraient-ils du chouchen à outrance ? Fumeraient-ils des pétards ? Feraient-ils l’amour sans être mariés ? Oui le curé a tenu à ce que la section camping de cette première édition soit séparée en deux, d’un côté les hommes, de l’autre les femmes…


Il faut vite trouver un autre lieu, ce sera Plouneour-Trez. Et c’est ainsi que ce festival est devenu itinérant, uniquement parce que les maires de ces villages avaient peur de voir débarquer autant de monde en si peu de temps. Les commerçants étaient verts de rage (eux avaient cartonné) mais n’avaient aucun pouvoir de décision.


C’est l’une des innombrables péripéties de ce festival Elixir qui en connaîtra de très nombreuses autres durant sa courte existence. Tout cela est ici raconté par le biais d’images d’archives et de témoignages d’aujourd’hui. Ainsi le photographe Pierre Terrasson nous montre une feuille de l’organisation, écrite à la main, qui précise qu’il faut aller chercher le prochain artiste en mobylette... Parmi les groupes présentés, c’est bien évidemment toujours un plaisir de redécouvrir les Clash ou Fela (l’anecdote des mamas qui débarquent au cathering sac en plastique à la main pour les remplir est truculente), Joe Jackson sans parler des Undertones. Dont ce fut le pénultième concert. Premier moment historique, il y en aura d’autres.


C’est tendre et touchant. Et jamais montreur de leçon, car nul part n’est mentionné l’idée la naissance des Vieilles Charrues, une entreprise postérieure à celle-ci et qui lui doit beaucoup. Et même si l’on n’en a jamais entendu parler, que l’on n’y est jamais allé, l’épopée de ces provinciaux (ils habitent dans une région coupée du monde, comme ils le disent plusieurs fois) fascine, par leur confiance et surtout leur innocence. Ils se feront déposséder du nom, et réaliseront qu’on contrat signé (en l’occurrence avec Nouvelles Frontières) peut avoir de lourdes conséquences financières. L’aventure s’arrêtera après ce week-end à Athènes en 1985. Cela aurait dû être une victoire, ce fut une défait totale. La fin d’un rêve. Un livre sort en parallèle.


Christian Eudeline
publié le 01-12-2017

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