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L'invité

Festival Art Rock : « C’est un atout d’avoir la mer à côté »

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Programmation d’Art Rock 2018 :
https://www.artrock.org/

Du 18 au 20 mai, Saint-Brieuc accueille la 35e édition du festival Art Rock. Un moment fort dans la vie culturelle de la cité costarmoricaine. Le week-end de la Pentecôte sera une nouvelle fois animé de spectacles de danse, d’expos et bien sûr de plusieurs scènes musicales où l’on retrouvera Marquis de Sade, Orlesan ou encore Catherine Ringer pour ne parler que des plus connus. L’occasion de rencontrer Alice Boinet, programmatrice du festival depuis 3 ans, mais aussi la fille du créateur et ancien président Jean-Michel Boinet qui a défrayé la chronique avec une sombre histoire de propriété de la marque Art Rock qu’il voulait prêter à l’association contre 25000 € par an. La première question était évidente :  

Aujourd’hui à qui appartient la marque Art Rock ?
Alice Boinet : La propriété revient gratuitement à l’association Wild Rose. Jean-Michel Boinet, l’ancien directeur a décidé de partir à la retraite et la direction du festival est reprise par l’association dont j’assure la programmation. Donc tout va bien et on est prêt pour cette 35ème édition.


Comment réagit la programmatrice face à l’annulation des concerts de Bertrand Cantat ? Les dernières en date étant les deux Olympia du 29 et 30 mai 2018.
A.B. : Je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet. A titre personnel, je ne me suis pas posée la question de programmer Bertrand Cantat cette année. J’en n’avais pas l’envie. Après, chacun a droit à son indépendance artistique. Je trouve simplement dommage que certains pouvoirs publics fassent pression sur des institutions culturelles pour qu’elles annulent des spectacles. Ensuite, que l’Olympia supprime ces deux dates, ça ne m’étonne pas parce que ça commence vraiment à poser des problèmes de sécurité. Quant à la question : est-ce qu’un artiste après avoir purgé sa peine peut encore être artiste ? Là je n’ai pas d’avis.


Art Rock, c’est de la musique, de la dance, des expos, etc. Vous vous occupez de tout ?
A.B. : Oui, je m’occupe de tout. C’est même l’intérêt de mon métier. Je m’intéresse autant aux expositions qu’aux spectacles de danse que l’art de rue, le théâtre et la musique bien sûr quels que soient les genres. Et puis n’oublions pas la gastronomie avec le collectif Rock’N Toques qui lui-même est coproduit avec l’Office du tourisme de la baie de Saint-Brieuc. Au total, c’est une brigade de 140 personnes, ce qui reste très impressionnant à voir. C’est agréable de voir ces gens passionnés par leur art, mettre en « musique » leur savoir-faire dans des conditions pas évidentes. Les cuisines sont vraiment petites et ils arrivent à sortir 16 000 plats pendant 3 jours. Pour 8 euros, on a accès à la gastronomie pour le prix d’un Kebab ! Et généralement avec des produits locaux. C’est très impressionnant. Depuis 11 ans, on ne se lasse pas de les avoir à nos côtés.


Ce rendez-vous gastronomique est un argument supplémentaire pour faire venir des artistes à Saint Brieuc ?
A.B. : Je pense que l’argument N°1 c’est d’abord l’histoire du festival. Cette année, Art Rock fête ses 35 ans. L’autre argument réside en notre pluridisciplinarité. Dire à un artiste qu’avant ou après son spectacle il va bien manger, pouvoir regarder des expos qu’il ne verra jamais ailleurs, aller à des spectacles de danse… Le tout dans un espace restreint, accessible en 5 minutes à pied au cœur de Saint Brieuc. Des artistes comme Alice Cooper ou l’année dernière The Kills, ont été étonnés par l’accueil et le fait de pouvoir se balader sans que personne ne les embête dans la rue. S’ils ne sont pas en tournée, il est arrivé que certains prolongent leur week-end à Saint Brieuc. C’est toujours génial de les croiser au concert d’un autre artiste !


Les grèves SNCF vont vous handicaper ?
A.B. : Dans notre malheur, on a de la chance. Certes, vendredi 18 mai est jour de grève SNCF, mais on a prévenu les artistes bien en amont. Et par exemple un rappeur comme Ichon originaire de Montreuil et qui n’a pas le permis, a décidé de venir dès le jeudi. Du coup, toute la journée du vendredi il va être un festivalier comme un autre, et pourquoi pas, aller piquer une tête au Rosaire ! Car c’est quand même un atout d’avoir la mer juste à côté.
Pour les festivaliers, on a développé des partenariats avec des compagnies de Bus (Oui Bus), de covoiturage (Road n Joy). Et puis, la grève on s’y fait. Ça fait déjà deux mois !


Comment Art Rock se distingue des autres festivals bretons comme Les Vielles Charrues, La Route du Rock, les Transmusicales, etc ?
A.B. : On est pluridisciplinaires comme on l’a déjà évoqué. Et côté musique on est vraiment ouvert à tous les genres. On propose des esthétiques très différentes, ça va de la house de Fakear au rap d’Orelsan en passant par le rock Cold Wave de Marquis de Sade, l’Afro Beat de Seun Kutu, la soul de Lee Fields, la pop de Catherine Ringer, etc.


C’est un peu le cas des Vieilles Charrues, non ?
A.B. : C’est vrai.  Mais Art Rock est un festival urbain. Cette année, on a remporté le prix du meilleur festival urbain de France. Ce côté urbain, nous donne une taille humaine : on peut tout faire à pied et découvrir dans des conditions agréables puisqu’on est en plein centre ville… Et pas dans la terre et la gadoue selon la météo !


Quelles sont les découvertes qu’Art Rock nous propose cette année ?
A.B. : Sur la scène du Forum, on va découvrir le surf rock de Vundabar et le rock très 60’s de The Buttertones, deux groupes américains encore inconnus du grand public. Côté français, on reçoit le très talentueux rappeur Ichon (dont on a parlé à l’instant) et son rap inspiré des années 90, mais aussi une jeune femme qui s’appelle Mai Lan qui n’est autre que la fille de Kiki Picasso et qui fait de l’électro pop assez géniale. N’oublions pas le glam rock des anglais HMLTD (Happy Meal Limited) qui clôture le festival. Ils sont 6 sur scène, tous maquillés avec des paillettes partout. C’est entre David Bowie époque Ziggy Stardust et certains titres de Queen. Vraiment, ça vaut le coup.   


Et côté breton ?
A.B. : La tête d’affiche Marquis de Sade bien sûr qui – enfin – ont décidé de revenir sur le devant de la scène. Je retiens aussi les briochins de Rosaire. Un groupe de 4 garçons  qui vivent toujours à Saint Brieuc qui font du rock plutôt psychédélique dans la veine de Brian Jonestown Massacre. Ils sont très classes sur scène avec beaucoup de charisme malgré leur jeune âge. Je retiens aussi un groupe de Douarnenez : The Red Goes Black au rock plus puissant et un chanteur ultra charismatique. Enfin, plus âgé et tout aussi génial, Denner, dont le chanteur Gilles Le Guen est originaire des Côtes d’Armor alors que le reste du groupe vient de New York. Ça se rapproche davantage du style artistique de Marquis de Sade, cold wave un peu dark. Ils viennent de sortir un nouvel album. Vraiment bien.


Alors qu’ils ne voulaient donner qu’un seul concert, comment avez-vous convaincu les musiciens de Marquis de Sade de venir à Saint Brieuc ?
A.B.
 : On est allez les voir sur scène pour leur grand retour au Liberté à Rennes le 16 septembre 2017. C’était tellement bien, qu’on s’est dit qu’il serait dommage qu’on soit seulement 3000 chanceux à profiter du spectacle. Moi, je n’étais pas née pendant leur 4 années d’activité (1978 – 1981, ndlr), je ne les avais vus et j’avais peur que ça ait pris un coup de vieux. Pas du tout ! C’était ultra classe avec des projections empreintes d’expressionisme allemand, avec des musiciens qui sont ultra bons et toujours un Philippe Pascal qui excelle. Résultat, Jean-Michel leur a envoyé un SMS à la fin du concert en leur disant qu’il était impossible de nous faire le coup du « coucou, on revient et on repart . Vous êtes obligé de venir à Art Rock ! » Et eux de répondre : « oui, on va réfléchir… On n’est pas sûr, etc. ». Mais on ne les a pas lâchés. Finalement ils ont accepté notre invitation et on est super content. Et ce n’est que justice, car on dit les rennais Marquis de Sade, mais presque tous les musiciens sont costarmoricains !


Quel est le budget du festival Art Rock 2018 ?
A.B.
 : Notre budget artiste est de 600 000 euros. Au total notre budget est de 2.5 millions d’euros. On est un festival urbain ce qui engendre un coût en matière de sécurité. Le reste part en communication et autres dépenses de fonctionnement.


Vous équilibrez ?
A.B.
 : Oui, mais ça dépend des années… Et de notre ambition, comme ce fut le cas l’année dernière avec un spectacle de rue le dimanche soir dans le parc des Promenades. Les briochins nous en parlent encore ! De même l’exposition d’Art numérique au Musée de Saint Brieuc pendant 3 semaines avec des artistes réputés comme Bill Viola a coûté cher.   


Et côté répartition des rentrées ?
A.B.
 : C’est simple, on a 30% de subvention public, 30% de partenariat et mécénat et le reste, 40%, provient de la billetterie, du marchandising, de la restauration et de la buvette.  


La marque Art Rock a-t-elle vocation à vivre toute l’année ?
A.B.
 : Pour l’instant, on se concentre sur la 35ème édition et on se reverra après pour – peut-être – repenser un peu le projet artistique d’Art Rock. Pour le moment, rien n’est décidé. On va consulter les briochins sur l’attente qu’ils ont de leur festival. 


Propos recueillis par Hervé Devallan


Toute la programmation d’Art Rock 2018




publié le 07-05-2018 - mis à jour le 09-05-2018

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