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DS et Cadillac

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"Les hommes" de Richard Morgiève aux éditions Joëlle Losfeld, 376 pages, 22.50€ Note : 4/5HermineHermineHermineHermine
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Pour un titre de 2017, c’est osé ! D’autant décalé que le clavier qui l’a écrit semble d’un ordi quand on parle ici du crépitement de la machine à écrire, de feuille sous le rouleau et d’encre qui tache. 

Donc un roman ancré dans les années mythologiques : DS, XM, Cadillac, intérieur cuir avec aussi la science des plaques d’immatriculation dont on interchange les chiffres ! On passe incognito, on holdupise entre les gouttes, on fonce à 230 sans souci de radar (vive la littérature !), on brocantouille et surtout on touille, on magouille, on trifouille et ça ferraille avec des molosses qui foncent sans prévenir, ôtant toute envie de franchir une limite, celle des crocs. C’est un roman où ça saigne, où ça mord et où ça meurt !
Richard Morgiève nous extrait un roman de notre âge d’or ! Pour qui l’âge est un récit d’après-guerre, disons entre Gabin et Ventura ! Les tontons sont flingueurs, bref des hommes ! Les femmes sont omniprésentes mais le héros qui dit je, le narrateur, nous donc, semble un éternel abandonné. Par l’autre bout, celui du roman noir – ce n’est pas un pastiche, c’est une pastille littéraire, un OVNIvre, par ce bout des phrases en ordre et d’une galerie de portraits digne de San Antonio, Morgiève nous raconte sa propre histoire. Mère morte quand il avait 7 ans, père suicidé quand il en avait treize. Le livre comme un rétro où les gyrophares s’approchent.
On tabasse entre trois flics pervers. On s’arrête de picoler en se destroyant la main. Ça s’infecte et, c’est le but. La main a des souvenirs et brûle devant le verre de whisky resté en plan au beau milieu de la table de la cuisine : l’œil de Cain ! Plein de caïds, beaucoup de toxicos, pas mal de caves, des tarlouzes et, ergo, les gyros dans la nuit. L’ambulance qui remonte les sens interdits pour aller plus vite défendre la veuve et l’orphelin n’en est pas une, c’est le meilleur moyen que Mohammed ou son frangin ont trouvé pour aller plus vite d’un point à un autre. Du fictif, du cinoche ! Les hommes ont des épaules et des vertus indisciplinées !
L’histoire de Morgiève est d’abord morbide sauf que la littérature a cette fonction suprême de stopper la mort. Lorsque les premiers romans de Morgiève sont parus, nous nous sommes dits qu’une écriture était née qui ferait qu’écrire après ne ressemblerait plus jamais à écrire avant. Comme Proust, comme Céline ! Nous exagérions car on sait qu’aujourd’hui écrire comme on veut est possible ! Sans volonté de révolution !
Morgiève en fait la preuve avec ce vrai roman de face et de profil. Des dialogues de zinc et de cabines téléphoniques. La rue des Putes s’appelle Saint-Denis et les bas résilles filent au cave des biftons par liasse qu’on range sous le plancher de l’appartement d’en face. Dédé le mort meurt au finale et c’est un homme d’honneur. Et nous, à savoir Morgiève, son je, nous donc, espérons à la fin qu’une suite heureuse arrive.
Ainsi vont les orphelins qui ont des enfants sans les faire. Tombés du ciel. Comme Cora.


Gilles Cervera
publié le 29-09-2017

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