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Daho avant la vague, précieux instantané d’un moment avant l’explosion

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Daho avant la vague 78-81, Photos Pierre René-Worms, Texte Sylvie Coma, éditions RVB Books, 34€ Note : 3/5HermineHermineHermine
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BA - Livre Daho avant la vague - 1980-Portrait Bar Rennes (Pierre René-Worms)

Daho assis en tailleur sur son lit à l’allure adolescente, sous un poster de James Dean, Daho dans les dunes bretonnes, dans le bistrot rennais du moment, dans les rues puis pendant l’enregistrement de Mythomane, son premier album, avec Elli et Jacno, avec Frank Darcel… Dans Daho avant la vague 78-81, les photos de Pierre René-Worms et le texte de Sylvie Coma, personnel et authentique,  recréent un moment, un âge d’or, en même temps qu’ils racontent Etienne Daho. Pas de nostalgie mais une « jubilation », la capture émouvante d’un espace-temps où tout semble heureux, insouciant, le chemin vers le succès, naturel et facile… Juste avant l’explosion.

Triple regard.



Etienne Daho


« Comme ouvrir une boîte aux trésors »


« Ce sont des photos de Pierre René-Worms, qui commencent quand je suis en première ou terminale et qui se terminent quand je suis en studio pour mon premier album avec Jacno et Marquis de Sade. Ce qui est intéressant, c’est que ça montre un moment de la vie de quelqu’un qui va peut-être réaliser ses rêves, le moment où les choses se fabriquent mystérieusement. On ne sait  pas ce qui va arriver d’ailleurs. Rien peut-être… (rires) 


Je regarde ces photos comme si je regardais celles de mon petit frère, donc avec affection. C’est comme ouvrir une boite aux trésors parce qu’en plus des photos, il y a plein de documents de l’époque. C’est un très beau livre. Il est paru chez un petit éditeur qui ne fait que des livres d’art, qui n’est pas spécialisé musique. Donc ça donne une autre perspective et je m’y retrouve totalement.»


« Le texte le plus réaliste et authentique »


« Le texte de Sylvie Coma est complètement incroyable aussi. C’est un texte sur la période et sur moi dans la période, donc ça encapsule en même temps « les jeunes gens modernes », Marquis de Sade, la vie à Rennes à l’époque et moi en personnage transversal. Je voyais beaucoup Sylvie Coma à l’époque. Elle était venue avec moi présenter mes premières maquettes quand je m’étais fait jeter de la première maison de disques, on faisait la fête, j’ai habité chez elle quand j’ai enregistré Mythomane… On était très proches et évidemment elle connait très bien cette période, moi et mon entourage immédiat. Je crois que c’est véritablement le texte le plus réaliste et authentique qui ait été écrit sur moi. C’est parfois un peu troublant (rires). Mais comme c’est la vérité, ça ne me dérange pas.»


 


Pierre René-Worms


 « Une amitié et du travail »


« Je suis venu à Rennes en tant que photographe d’Actuel et j’y ai rencontré Etienne. Il m’intéressait. Il était atypique et, à l’époque, musicalement totalement décalé par rapport à tout ce qui était fait dans les musiques dites new-wave aujourd’hui. On a sympathisé. Donc, c’était d’abord une amitié et puis ensuite du travail. Je le percevais comme quelqu’un qui aimait vivre. Je l’ai rencontré en 78, il avait 22 ans et moi 20 ans… On était de jeunes adultes qui découvraient la vie, avec des relations à la fois amicales et professionnelles. »


« Travailler en liberté »


« Ce sont des photos de notre vie, de nos rencontres, entre 1978 et 1981. Je considérais, contrairement à mes camarades photographes de rock à l’époque, que ce qui m’intéressait dans la photo d’artistes, c’était de travailler en liberté avec eux. C’était une époque où on pouvait le faire, passer du temps et vivre avec eux. Quand un groupe anglo-saxon passait à Paris, j’essayais de passer avec eux la journée ou les deux-trois jours où ils étaient là et de faire un travail de photojournaliste comme le faisaient les grands photographes humanistes des années 40, 50, 60. Je me plaisais à essayer de travailler au plus près des artistes et de ne pas avoir une séance photo de 5 minutes contre un mur et faire 3 photos de concert. Je les côtoyais, j’étais avec eux backstage, sur le bord de la scène... Je vivais avec eux, pour faire des images décalées.


Et avec Etienne, qui n’était pas encore un artiste, on a pu travailler d’une manière complètement libre. Je sentais qu’il avait des qualités qui allaient pouvoir faire qu’il se révèle à un large public et peut-être différent de celui du rock new-wave. Lui, chantant en français, il était atypique par rapport à tous ceux qui chantaient en anglais. »


 


Sylvie Coma


« Vraiment un âge d’or »


 « Je connais Etienne Daho depuis longtemps : on s’est rencontré au lycée Chateaubriand, on avait 17-18 ans. J’étais en Khâgne et lui en terminale. C’était comme mon petit frère et on est resté très proches. On était alors de grands enfants, des grands adolescents… On n’avait pas peur, on vivait le moment. Il faut dire qu’on était porté par une génération spontanée. C’était vraiment un âge d’or. Rennes était très intéressante. On avait la sensation d’une grande liberté, d’une ébullition… Sans un rond... On savait qui on retrouverait dans tel ou tel lieu, que ce soit au Bar L’Epée ou au Batchi. Tout cela m’a nourrie. Je suis devenue ensuite grand reporter et suis partie à travers le monde. Je pense que je n’aurais pas fait ce métier sans cette époque à Rennes. »


« Il avait ça en lui »


« C’est surtout Etienne que je raconte. C’est une évocation impressionniste quand même mais des images nettes me sont revenues, les choses qui comptent le plus. C’était une jubilation d’écrire ce texte. On était entre deux moments en fait, pas encore adultes, avec encore des rêves. On cherchait. Moi, je ne savais pas encore ce que je voulais faire plus tard. Etienne était discret comme il est aujourd’hui, mais au cœur de tout. Il ne la ramenait pas. Mais il avait ça en lui. Il savait. Il a poussé son truc, tranquillement, sans plan de carrière. Il inventait quelque chose. Je ne sais même pas si je me rendais compte de l’ampleur que ça allait prendre. Ça s’est fait naturellement. Il avait la foi chevillée au corps. D’ailleurs, sur sa photo fétiche qu’il a toujours gardée, on le voit enfant en Algérie, à côté d’un juke-box… »


Propos receuillis par Grégoire Laville


Interview d'Etienne Daho  


publié le 07-11-2017

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